CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAK: Talabani Président: La Revanche des Kurdes

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Jelal Talabani 2005Recevant fastueusement, en compagnie de sa femme Hero, des journalistes étrangers à son quartier général de Kala Tchoualan, près de Souleimania, Jelal Talabani ne cachait pas son bonheur : "Ce qui était un rêve est en train de se réaliser, ces élections sont une bonne revanche sur la dictature", dit-il, ajoutant "si je suis élu Président, je ferai mes premiers voyages officiels chez les victimes de l’Irak, en Iran et au Koweit".

Avant même d’être officiellement élu, Jelal Talabani, 71 ans, se voyait déjà dans les habits du Président de la République irakienne -- une belle revanche en effet pour un Kurde qui a passé près de 45 ans de sa vie comme "pechmerga" (maquisard) dans les montagnes du Kurdistan, où sa fortune a connu pas mal de vicissitudes: qui eût dit, en effet, que le chef de guérilléros kurdes affamés et mal armés pourchassés depuis 1961 par l’armée irakienne jusqu’aux confins irano-prakiens pourrait envisager de s’asseoir 44 ans plus tard dans le fauteuil de Saddam Hussein ?

L'exil à Damas et Beyrouth

Né en 1934 à Koy Sanjak, dans une famille de lettrés kurdes, Jelal Talabani a fait des études de droit à Bagdad, et milite très vite dans le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union de la jeunesse irakienne, dont il devient un des dirigeants -- ce qui lui vaut de faire ses premiers voyages en URSS et en Chine à la fin des années 1950.

Son engagement s’accélère après la révolution (1958) et le retour d’exil en URSS du général Barzani. Membre du bureau politique du PDK en 1959, Jelal Talabani fait alors figure de "protégé" du général Barzani et de "jeune loup" radical, partisan de la lutte armée à outrance contre le régime du général Kassem. Mais il rompt, en 1964, avec le général Barzani, et anime avec Ibrahim Ahmed (son beau-père) la révolte des "intellectuels" du PDK contre le général Barzani.

Jelal Talabani 1979Mis sur la touche après l’accord sur l’autonomie kurde du 11 mars 1970 signé par Saddam Hussein et le général Barzani, Jelal Talabani vit en exil à Beyrouth et à Damas, où il nous d’étroites relations avec les dirigeants palestiniens, parmi lesquels Georges Habache, du FPLP. C’est de cette époque que Jelal Talabani, qui s’est toujours situé à gauche, garde la conviction que l’émancipation des Kurdes passe par l’association de ces trois idées forces: le nationalisme kurde, le mouvement de libération arabe, et le progressisme.

Jelal Talabani revient sur le devant de la scène kurde irakienne après l’effondrement du mouvement du général Barzani, à la suite de la signature des accords d’Alger entre le Chah d’Iran et Saddam Hussein (6 mars 1975), et il fonde en 1977 l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK), dont il est le secrétaire général.

Les deux décennies qui suivent sont marquées par des périodes d’affrontements armés, à la fin des années 1970, et de 1994 à 1998, pendant la "guerre du suicide" , alternant avec des périodes de coexistence de 1987 à 1994, et à nouveau depuis 1998.

Le tournant de l'intervention américaine

Cette rivalité délétère entre Jelal Talabani et les héritiers du général Barzani allait aboutir à la partition de facto du "Kurdistan libre", la région autonome du Kurdistan formée peu après la guerre du Koweit (1991), les premières élections libres au Kurdistan (mai 1992) et la mise en place des institutions kurdes (parlement d’Erbil, gouvernement kurde).

Jelal TalabaniL’intervention américaine en Irak (2003), la chute du régime de Saddam Hussein et les élections en Irak forcent les Kurdes à oublier leurs différends pour parler d’une seule voix et avoir une chance d’imposer à leurs partenaires arabes une solution fédérale pour l’Irak de demain. Simultanément, les Kurdes trouvent le moyen d’en finir une fois pour toutes avec une rivalité vieille de 40 ans en proposant la candidature de Jelal Talabani à la présidence de la République irakienne, tandis que Massoud Barzani sera président de la région kurde. A Jelal Talabani l’Irak, à Massoud Barzani le Kurdistan.

La fonction, au demeurant largement honorifique, de Président de la République irakienne, permettra à Jelal Talabani de donner libre cours à une vitalité peu commune pour son âge, et d’exercer ses talents de diplomate. Personnage extraverti et jovial, volontiers séducteur, cultivé, parlant couramment l’arabe et l’anglais, et comprenant le français, Jelal Talabani est le candidat idéal pour ce poste. Premier président kurde de l’Irak, il saura trouver les mots qu’il faut pour rassurer les présidents et rois arabes auxquels il rendra visite, non plus comme chef de guerre kurde quémandeur, mais en tant que chef d’Etat.

(RFI, site Internet, 6 Avril 2005)

 

 

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