CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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AFRIQUE: Les Secrets d'une Offensive

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trancheeTous les spécialistes des questions militaires le reconnaissent:  après avoir été surpris en position de très grande faiblesse en mai 1998, quand les Erythréens ont lancé leur opération coup de poing sur le front de Badmé, les Ethiopiens ont su recréer une armée efficace... qui vient de faire ses preuves.

La nouvelle équipe qui est arrivée au pouvoir en 1991, dominée par les Tigréens du FPLT, avait en effet eu pour priorité de se débarrasser de l’énorme armée héritée du régime de Mengistu en créant une petite armée de métier de 60.000 hommes. La plupart des pilotes, formés à Moscou et partisans convaincus du régime du Dergue, furent jetés en prison ou s’enfuirent à l’étranger. Et les achats de matériel limités au strict minimum: le budget annuel de la défense éthiopienne en 1998 s’élevait tout juste à 100 millions de dollars (Il aurait quintuplé cette année, atteignant 530 millions de dollars).

Un coûteux programme de remilitarisation

defileAprès avoir subi en 1998 des revers graves pour le prestige de son régime, le Premier ministre Meles Zenawi  a brutalement infléchi sa politique et s’est lancé dans un coûteux programme de remilitarisation reposant sur la création d’une armée de plusieurs centaines de milliers d’hommes -- entre 400.000 et 500.000 hommes.

Tous ceux qui ont connu l’ancienne armée du Dergue l’affirment: il n’y a pas de comparaison entre l’armée du “Négus Rouge” et la nouvelle armée éthiopienne:  “On est pas du tout dans le même contexte, affirme un expert. Nous avons affaire aujourd’hui à une armée d’élite, les soldats sont bien habillés, bien entraînés, et il y a une discipline de fer”. Et une nouvelle logistique a été créée.

Contrairement au régime de Mengistu qui raflait des gosses à la sortie des écoles et les envoyait au front après une “formation” de quinze jours, le nouveau régime a su susciter, surtout au début, des vagues de volontaires motivés par un réflexe patriotique anti-érythréen, et aussi par des considérations économiques.  Les recrues sont payées 400 birs par mois (environ 465 F, un “bon” salaire en Ethiopie), plus une prime de risque au front: trois membres de la famille de Berhane, un interprète travaillant pour une ONG américaine, se sont portés volontaires: son frère, et deux de ses neveux.  Son frère a été tué... Pourquoi son frère, 35 ans, père de trois enfants, avait-il quitté sa famille pour aller au front? “Nous sommes du Tigré, explique Berhane; c’était pour défendre le pays, la frontière; et puis c’est difficile de ne pas partir quand les autres partent”... Toutes les recrues sont-elles totalement volontaires? Ce n’est pas absolument certain, dans la mesure où dans certaines régions, l’Ogaden en particulier, les chefs de tribus reçoivent un message des autorités leur indiquant qu’ils auront à fournir un certain “quota” de “volontaires”. Les pressions sont telles que le jour dit les anciens peuvent effectivement fournir le nombre demandé de recrues...

Envoyées dans des camps d’entraînement au sud d’Asmara, dans une région où tous les survols sont interdits aux compagnies aériennes, les nouvelles recrues suivent une formation intensive -- maniement des armes, marches forcées -- de quatre à six mois selon les spécialisations: l’endurance de ces nouveaux combattants a fait ses preuves sur le front de la rivière Mereb où ils se sont emparés d’une montagne jugée imprenable par les Erythréens,  ce qui leur a permis de percer les lignes de défense érythréennes.

Mais les Ethiopiens doivent aussi le succès de leur offensive  à des achats massifs d’armements:  selon l’Institut des Etudes Stratégiques de Londres, l’Ethiopie aurait acheté pour 480 millions de dollars d’armes en 1999 -- le montant exact de l’aide alimentaire d’urgence qui va être acheminée cette année dans ce pays! En particulier les Ethiopiens ont acheté (à la Russie, à l’Ukraine et autres pays de l’ex-URSS)  des avions -- une quinzaine de Mig 21, des Sukhoi 25 et 27, une vingtaine d’hélicoptères -- des chars, et des munitions en quantités massives. Les Erythréens accusent les Russes d’avoir directement participé à la dernière offensive en fournissant des pilotes pour les Sukhoi et des experts qui ont participé aux travaux de l’Etat-Major éthiopien...

Si on connaît désormais dans ses grandes lignes le nouvel outil de guerre du régime éthiopien, ses buts de guerre sont par contre beaucoup plus flous. Avant  la dernière offensive éthiopienne les experts militaires occidentaux à Addis Abbeba estimaient que les Ethiopiens ne pouvaient pas (pour des raisons diplomatiques) envahir l’Erythrée, qu’ils ne remettaient en cause ni son indépendance ni son intégrité territoriale,  et qu’ils se fixaient un objectif limité: une victoire massive, mais limitée territorialement, pour forcer l’Erythrée à reconnaître la souveraineté éthiopienne sur les zones contestées (Badmé, etc). Ces experts estimaient aussi que les Ethiopiens avaient renoncé à leurs objectifs “inavoués” -- la “peau” d’Isayas Afewerki, le président érythréen, et le rattachement d’Assab.  Aujourd’hui, devant la multiplication des offensives éthiopiennes et les derniers assauts sur Assab, ces mêmes experts doivent se demander si Meles Zenawi n’a pas des objectifs “inavoués” beaucoup plus ambitieux...

(Site Internet de RFI, Mai 2.000)

 

 

 

 

 

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