CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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KURDISTAN: Les Scénarios qui font peur aux Kurdes

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Massoud Barzani avec des chefs de tribus arabesInterrogé sur le chaos sanglant qui règne à Bagdad, un général kurde, commandant l’une des principales unités des forces armées kurdes du Parti Démocratique du Kirdistan (PDK) de Massoud Barzani, auquel on demande ce que l’on peut faire pour mettre un terme à ce bain de sang, répond calmement : "Mais pourquoi êtes-vous si pressé ?…. S’il n’en tenait qu’à moi, je construirais un mur très élevé entre le Kurdistan et l’Irak arabe, et je danserais de mon côté".

Brutale, cynique, cette réponse en dit long sur les sentiments des Kurdes qui, après avoir été persécutés pendant 35 ans par le régime du Baas, se réjouissent ostensiblement de voir les Arabes irakiens s’entretuer entre chiites et sunnites. Mais ce même général corrige ce que son commentaire peut avoir de gênant et de sommaire en citant Massoud Barzani, le président de la région kurde, qui s’exprime, à la kurde, de façon imagée : "Si la maison de notre voisin brûle, même si les flammes n’atteignent pas notre maison, la fumée l’atteindra et nous affectera".

Les dirigeants kurdes sont conscients qu’ils ne pourront pas préserver éternellement le Kurdistan, où règnent l’ordre et la sécurité, de la guerre civile non déclarée qui fait rage dans l’Irak arabe. Ils ont certes renforcé les contrôles le long de la ligne verte qui sépare la région kurde "autonome" depuis 1991 du reste de l’Irak : même les réfugiés chrétiens, pourtant bienvenus au Kurdistan, ne peuvent franchir les barrages aux postes "frontaliers" sans une autorisation nominative du gouverneur de la province.

Mais Mossoul, la grande métropole nationaliste arabe du nord de l’Irak, avec plus d’un million et demi d’habitants, n’est qu’à une heure de route d’Erbil, la "capitale" de la région kurde, et un peu moins de Dohok, grande ville commerciale du nord du Kurdistan. Depuis le début des troubles, plus de 15.000 familles kurdes ont fui Mossoul, où des extrémistes arabes ont proclamé qu’ils veulent "purger" la ville de sa population kurde (30 à 40 pour cent selon les Kurdes, 4 pour cent selon un parlementaire sunnite !). Il n’est pas difficile pour les ex-baasistes ou islamistes qui sévissent à Mossoul d’infiltrer des agents dans cette masse de réfugiés. De même, les autorités kurdes ne peuvent pas refouler tous les arabes irakiens qui veulent se réfugier au Kurdistan -- l’ONU envisage d’ouvrir des camps pour 50.000 réfugiés -- ni ceux qui viennent travailler sur les chantiers de cette région en plein boom.

La réunification du gouvernement kurde

Nechirvan BarzaniDevant la montée des périls les dirigeants des deux principaux partis kurdes, le PDK de Massoud Barzani et l’UPK de Jelal Talabani, ont décidé qu’il était grand temps de mettre de l’ordre dans leur maison, et de réunifier l’administration du Kurdistan, divisé depuis la guerre fratricide de 1994-98 en deux "cantons" coiffés par deux gouvernements distincts siégeant l’un à Erbil (PDK) et l’autre à Souleimania (UPK).

Le 7 mai dernier, Massoud Barzani et Jelal Talabani concluaient un pacte d’unification du gouvernement kurde, avec un premier ministre issu du PDK (Nechirvan Barzani ), un vice premier ministre de l’UPK (Omar Fatta), 13 ministres pour chacun des deux grands partis, et quelque 10 ministres pour les petits partis. La présidence du parlement kurde revenait à une personnalité de l’UPK (Adnan Mufti), et la vice présidence à un PDK (Kemal Kirkouki). Cet accord est valable jusqu’à la fin 2.007, date à laquelle les postes doivent être inversés. Quant à Massoud Barzani, il conservait la présidence de la région kurde, Jelal Talabani étant, lui, reconduit à la présidence de la république irakienne.

Beaucoup d’observateurs ont minimisé la portée de cette "unification" en soulignant que dans quatre ministères (pechmergas, sécurité, finances, justice) les ministres se voyaient adjoindre un ministre d’état du parti opposé -- ce qui signifiait en clair que ces ministères qui posaient problème, en particulier les ministères clés des pechmergas (défense) et de la sécurité n’étaient pas unifiés.

Mais la situation a trés vite évolué: le PDK et l’UPK se sont mis d’accord pour soumettre en octobre au parlement un budget unique pour 2007 -- ce qui sera suivi d’une véritable unification du ministère des finances. Tout indique que les problèmes qui retardaient l’unification du ministère de la justice (l’existence d’une seconde cour de cassation créée par l’UPK) seront résolus dans les jours qui viennent. L’unification des forces armées et surtout celle des services de renseignement, dont le rôle est plus que jamais vital dans les circonstances actuelles, sera, il est vrai, plus longue à réaliser.

Mais tous ceux qui ont pu voir Nechirvan Barzani présider, aux côtés d’Omar Fatta et de Baffel Talabani, un des fils de Jelal Talabani, une réception officielle, ont pu constater que ces dirigeants kurdes avaient des rapports humains normaux, ce qui était inimaginable il n’y a pas si longtemps.

Après avoir (presque) réglé leurs problèmes politiques, les dirigeants kurdes se sont efforcé de faire sortir le Kurdistan de son isolement économique en faisant adopter par le parlement d’Erbil une loi sur les investissements très libérale (possibilité pour des capitaux étrangers de contrôler une société locale à 100 %, possibilité pour des étrangers d’acheter des terrains, et pas de taxe pendant 5 ans) et une loi pétrolière invitant les compagnies pétrolières étrangères à venir opérer au Kurdistan sur la base du partage de la production.

Mais les grands défis qui attendent les Kurdes sont la normalisation de leurs rapports avec Bagdad -- et notamment la solution du problème de Kirkouk -- et l’avenir du Kurdistan, dont la survie et l’éventuelle indépendance dépendent d’un hypothétique soutien américain.

Des rapports complexes avec Bagdad

Adnan MuftiDécevants avec le premier ministre Iyad Allaoui, les rapports des kurdes avec Ibrahim Jaafari ont été franchement mauvais.

Les Kurdes lui ont notamment reproché d’avoir encouragé le retour à Kirkouk des arabes qui en étaient partis peu après la chute du régime de Saddam Hussein. Et surtout, d’avoir fait seul le voyage d’Ankara, sans en informer le président Jelal Talabani. Et d’avoir reconduit l’accord conclu avec Saddam Hussein autorisant les Turcs à exercer le droit de poursuite des combattants du PKK à l’intérieur du territoire irakien. Enfin, le premier ministre Jaafari avait déclaré aux Turcs qu’il ne pouvait pas changer la constitution adoptée par l’assemblée de Bagdad, dont l’article 140 prévoit l’organisation d’un référendum sur le rattachement éventuel de Kirkouk à la région kurde, mais qu’il pouvait retarder indéfiniment l’organisation de ce référendum !

Les Kurdes entretiennent de bien meilleurs rapports avec son successeur, Nouri al Maliki qu’ils considèrent comme un "véritable Irakien, pas pro-iranien, mais plus ou moins un nationaliste arabe, quelqu’un de clair, qui n’agira pas en douce", pour reprendre les mots de Saadi Pira, dirigeant de l’UPK à Erbil.

Mais de sérieux problèmes continuent de troubler les relations entre Bagdad et les Kurdes, malgré leur décision d’ouvrir des "représentations" à Bagdad et à Erbil.

Le ministère des finances de Bagdad ne verse que 8,4 pour cent des revenus pétroliers de l’Irak à la région kurde, au lieu des 17 % convenus, en justifiant cette amputation par le règlement de "dépenses de souveraineté" (électricité, pétrole, et médicaments). Les Kurdes demandent en outre que le montant global correspondant à ces 17% soit réévalué, en tenant compte de la hausse des cours du pétrole, passés de 25 dollars le barril à 60-70 dollars. "Ils nous doivent quatre à cinq milliards de dollars… Nous ne recevons pas notre part des revenus de Bagdad. On peut l’attribuer soit à un manque de volonté politique, soit à leur incompétence", déclare Khalid Salih, porte-parole du gouvernement kurde.

Par ailleurs le ministre irakien du pétrole, Hussein Sharistani, n’accepte pas que le gouvernement kurde signe des contrats d’exploration et d’exploitation du pétrole du Kurdistan avec des compagnies étrangères. Les dirigeants kurdes soutiennent qu’ils en ont le droit, en vertu de l’article 141 de la constitution irakienne qui valide les "décisions du gouvernement régional du Kurdistan, y compris les jugements des tribunaux et les contrats" depuis 1992. Nechirvan Barzani, le premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan, est allé jusqu’à déclarer que les Kurdes "reconsidèreraient leur union volontaire avec l’Irak" si les dirigeants de Bagdad ne respectaient pas la constitution irakienne. Et les deux gouvernements continuent de s’affronter sur le partage des revenus pétroliers, et en particulier sur la répartition des revenus des gisements nouvellement exploités au Kurdistan et dans les zones "disputées" (Kirkouk) un affrontement qui a motivé la toute récente visite de Condoleeza Rice au Kurdistan où elle a tenté de persuader Massoud Barzani de se montrer plus conciliant.

Le rattachement de Kirkouk

Mais c’est le rattachement de Kirkouk, Khanakin et Sinjar à la région kurde qui pèse le plus sur les relations entre Bagdad et les Kurdes. Iyad Allaoui avait créé pendant son passage au pouvoir une "commission de normalisation" présidée par Hamid Majid Moussa, secrétaire général du parti communiste irakien, et dotée d’un budget de 80 millions de dollars. Mais cette commission resta sans membre, sans siège, et sans budget, les 80 millions de dollars n’ayant jamais été versés, et ne s’est jamais réunie.

Sous Ibrahim Jaafari, la situation s’est détériorée, ce premier ministre encourageant les arabes chiites qui avaient fui Kirkouk après la chute de Saddam à y revenir.

Certes, au cours de ses entretiens à Erbil les 12-13 juillet avec Massoud et Nechirvan Barzani (PDK) et NouShirwan et Kosrat Rassoul (UPK), le nouveau premier ministre Nouri al Maliki a longuement évoqué l’application de l’article 140 de la constitution qui prévoit l’organisation d’un référendum dans les régions disputées avant décembre 2.007. Il a annoncé la création d’une nouvelle "commission de normalisation" de 9 membres, présidée par Hachem Chibli, ministre de la justice, un chiite libéral, dont la femme est kurde, et disposant d’un budget de 200 millions de dollars qui auraient effectivement été transférés. Il a même discuté les détails de la normalisation de la situation à Kirkouk, avec le départ des arabes transplantés par Saddam Hussein dans le cadre de sa campagne d’arabisation : il faudra racheter les maisons de ces arabes, et leur fournir des tentes et une aide financière pour qu’ils puissent se réinstaller dans le sud de l’Irak, et que les Kurdes puissent revenir chez eux.

En outre, Nouri al Maliki s’est engagé à rattacher au gouvernorat de Kirkouk des districts qui en avaient été détachés par Saddam Hussein (les régions de Kifri, Tuz Khurmatu, Kalar et Chemchemal). Cela sera fait par décret du gouvernement en mars 2.007, a-t-il promis. Le recensement sera fait en Juillet 2.007, et le référendum en décembre 2.007. Et déjà plusieurs milliers d’arabes chiites de Kirkouk ont envoyé une délégation au parlement d’Erbil pour faire savoir qu’ils sont prêts à partir si on leur fournit l’aide nécessaire.

Ce calendrier sera-t-il respecté ? Nouri al Maliki pourra-t-il imposer sa décision au reste du gouvernement ? Les experts soulignent que la "commission pour la solution des litiges de propriété" a déjà reçu 40.000 dossiers, dont seulement 3.000 ont été résolus. Même en misant sur la bonne volonté des autorités de Bagdad, il sera matériellement impossible de régler ces dizaines de milliers de dossiers dans un délai d’un an, et d’organiser le départ assisté des arabes, et le retour des Kurdes, qui, dans de nombreux cas se retrouveront sans maisons et sans écoles. De très nombreux kurdes sont convaincus que, malgré les engagements du premier ministre, les dirigeants arabes de Bagdad feront tout pour retarder indéfiniment un référendum qu’ils n’acceptent pas et dont on ne sait toujours pas comment il sera organisé -- district par district, ou globalement, pour les régions disputées..

Les dirigants kurdes sont divisés sur l’attitude à suivre. "Si les Arabes refusent d’organiser le référendum, nous appliquerons la Loi de Sinjar -- la force", dit un général kurde. "Il n’est pas question d’accepter un compromis sur la date de décembre 2.007 du référendum. Si nous le faisons, tout est anéanti", affirme Adnan Mufti. Par contre, Nechirvan Barzani, le premier ministre du gouvernement régional kurde, se montre plus conciliant : "Il n’y a pas d’autre option (que la solution de la question de Kirkouk) si nous voulons que le fédéralisme fonctionne. Mais la question de Kirkouk est une question très complexe. Le plus important est d’avoir la volonté politique de la résoudre. S’il le faut, nous devrons être patients. Peut-être le référendum n’aura-t-il pas lieu à la date prévue. Nous voulons une solution pacifique".

Mais les Kurdes sont hantés par la crainte que les grandes puissances -- Les Etats-Unis et la Grande Bretagne -- et la Turquie ne poussent Bagdad à proposer un "statut spécial" pour Kirkouk, ce qui reviendrait à "enterrer" son rattachement à la région kurde dont l’avenir reste très incertain.

Quel avenir pour le Kurdistan ?

De plus en plus ouvertement, les dirigeants kurdes évoquent l’hypothèse de l’indépendance. Massoud Barzani a répété à plusieurs reprises que c’est un "droit légitime", mais que les Kurdes se contentent pour l’instant, conscients du contexte géopolitique, de la solution fédérale.

Fouad Hussein, conseiller de Massoud Barzani, rappelle que les Kurdes et les arabes doivent se mettre d’accord sur une véritable solution fédérale, avec la création de trois grandes régions fédérales, sunnite, chiite et kurde, Bagdad devenant la capitale fédérale.

"Sinon, déclare-t-il, les Kurdes se séparent… mais à condition de bénéficier du soutien américain et de la présence de bases américaines au Kurdistan". Et sinon ? Fouad Hussein ne répond à la question que pour dire "Que peuvent faire les pechmergas (combattants kurdes) face à la Turquie ? "…

On peut se demander quel sort attend la "région du Kurdistan", née en 1991 à l’initiative des alliés de la coalition (les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, essentiellement,…. et la Turquie), et qui n’a cessé de se développer jusqu’à la chute de Saddam Hussein sous la protection des aviations américaine, britannique et française (jusqu’en 1998 pour la France) basées à Incirlik, en Turquie.Et qui continue aujourd’hui encore de bénéficier de la protection américaine.

La brève existence de la République de Mahabad (22 janvier-17 décembre 1946) il y a exactement soixante ans constitue un précédent fâcheux que les Kurdes ont tendance à oublier : née dans le Kurdistan iranien à l’ombre des forces soviétiques qui occupaient le nord de l’Iran, sinon sous leur protection, la République kurde présidée par Qazi Mohammed s’est écroulée quand les Soviétiques ont été forcés d’évacuer l’Iran et l’ont abandonnée.

Les dirigeants kurdes affirment sereinement qu’il n’y aura pas de changment de la politique américaine dans un proche futur, que les Etats-Unis n’abandonneront pas l’Irak, et que les "trahisons" de 1975 (accords d’Alger) et de 1991 (soulèvement kurde) ne se répèteront pas. "Nous avions et nous avons d’importants intérêts en commun avec les Américains", affirme Khalid Salih, le porte parole de Nechirvan Barzani, "faire tomber Saddam Hussein, reconstruire l’Etat irakien, protéger l’Irak des interférences de ses voisins. Les Américains seront encore là pendant les années qui viennent".

"Nous sommes désormais un facteur important en Irak, ajoute Adnan Mufti, président du parlement kurde d’Erbil, nous avons une forte présence dans le gouvernement, et nous sommes en tête de la liste des intérêts américains… Et nous n’avons pas d’inquiétudes sur nos relations avec les Américains : Massoud Barzani a été reçu en tant que président de la région kurde à la Maison Blanche par le président George. W. Bush, et de nombreuses délégations kurdes ont également été reçues à Washington… Et les Américains ne peuvent pas se retirer de l’Irak. S’ils le font, ils perdent la guerre contre le terrorisme".

Mais de nombreux kurdes ne cachent pas leur inquiétude : "La situation reste très instable, confie Mgr Petros Harbole, évêque de Dohok, si les Américains s’en vont, les Turcs vont nous envahir. Nous ne pourrons pas résister un mois, et ils vont tout détruire".

Allant plus loin dans son analyse, un intellectuel de Dohok affirme : "Si Zarkaoui n’était pas apparu, s’il n’y avait pas eu cette guerre civile en Irak, les Américains ne protègeraient pas les Kurdes. S’ils s’en vont, nous pouvons faire face à une éventuelle attaque des arabes irakiens. Nous avons notre armée. Et les chiites ne se battront pas contre nous car ils veulent le fédéralisme et ils ont besoin de nous. Seuls les sunnites de Mossoul, Takrit et Bagdad pourraient nous attaquer, et ils n’ont rien.

Mais la menace, c’est la Turquie. Si la Turquie nous attaque… s’ils veulent brûler notre maison, on va brûler leur maison ! Et il faudra que les chars turcs passent sur nos corps". Il préfère ne pas imaginer la suite des évènements.

Un universitaire américain, Michael Gunther, a beau leur rappeler que "les Etats-Unis se trouvent à l’autre bout du monde, et qu’ils ne resteront pas éternellement en Irak", les dirigeants kurdes ne veulent pas imaginer que le scénario vietnamien, ou quelque chose de similaire, puisse se reproduire. Ils ne veulent pas imaginer que sous la pression d’une opinion publique américaine de plus en plus hostile à la guerre en Irak, le président actuel, ou le prochain, puisse décider de retirer ses troupes d’Irak.

A force d’insister, Khalid Salih, accepte d’envisager ce "scénario déplaisant", la répétition du scénario vietnamien, l’abandon de l’Irak par les Américains, mais il ajoute aussitôt : "Dans ce cas, je ne crois pas qu’ils parteraient du Kurdistan, car ils se savent aimés par les Kurdes, et ils auraient besoin de protéger leur allié turc contre le chaos arabe".

Adnan Mufti, estimant qu’il y a "moins de 5 pour cent de probabilité que ce scénario se réalise", veut bien finir par envisager "le pire des scénarios: la guerre civile, continue, les Américains s’en vont, les Turcs envahissent le nord de l’Irak, les Iraniens vont au secours des chiites, et les Saoudiens viennent aider les sunnites. Alors quel sort pour les pauvres Kurdes ? Plusieurs millions de Kurdes ne peuvent pas reprendre le chemin de la montagne !"

(The Middle East magazine, December 2006, extraits)

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