CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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KURDISTAN IRAK: Une guerre est inévitable si les Américains se retirent avant que les problèmes entre les Kurdes et les Arabes soient résolus

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nouveaux pechmergasC’était l’une des dernières étapes de l’unification des deux administrations rivales du Kurdistan irakien. Et de loin la plus difficile, seulement douze ans après la fin de la guerre civile qui a fait rage de 1994 à 1998 entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jelal Talabani et qui a fait des milliers de victimes. Mais l’unification des forces armées kurdes fait des progrès remarquables.

C’est en avril 2009 qu’a été franchi le premier pas avec l’unification du ministère des pechmergas (nom des combattants kurdes, littéralement « ceux qui font face à la mort »). Cheikh Jaffar cheikh Moustafa a été nommé ministre des pechmergas, tandis que le commandant Jemal (PDK) devenait chef d’Etat-Major, et Jaber al Yawal (UPK) le secrétaire général du ministère.

La seconde étape a été réalisée en décembre 2009, avec la formation de quatre brigades unifiées de 3.005 « gardes du Kurdistan » chacune, les pechmergas et les officiers provenant des deux partis. Les officiers – environ 200 pour chaque brigade – sont issus des rangs des forces kurdes et des deux collèges militaires de Zakho et Kala Tchoualan. Les cadets recrutés par les deux académies sont âgés de 18 à 24 ans, et obtiennent leur brevet de deuxième lieutenant après 20 mois. Il n’y a plus de femmes dans les collèges militaires. Avant que ces deux collèges soient placés sous l’autorité du ministère de la défense à Bagdad, il y avait quelques femmes cadettes. Mais c’est fini. « Nous avons suggéré de recruter quelques femmes, mais la réponse de Bagdad a été « l’on n’a pas besoin de femmes dans les unités ». Ces quatre brigades unifiées sont assignées à Erbil, Kirkouk, Germian, et Mossoul, où, comme le dit un officier kurde, elles « protègent la frontière avec le gouvernement irakien ».

Les Gardes du Kurdistan

Katyushas UPKLa troisième étape – la formation de six nouvelles brigades unifiées, qui protègeront les frontières internationales avec la Turquie et l’Iran -- est toujours en cours. Mais nous avons pu voir dans le collège militaire de Kala Tchoualan, près de Souleimania, et dans le camp d’entraînement de Bani Slawa, près d’Erbil, qu’elle est réellement en cours de réalisation. Sur les 200.000 pechmergas salariés par les deux partis, il est convenu que seulement 100.000 seront affectés aux « gardes du Kurdistan », et que les autres seront mis à la retraite. Et l’on espère que d’ici fin 2010, tous les départements du ministère des pechmergas seront unifiés, et qu’au moins 50.000 pechmergas seront unifiés.

Des petits groupes de 15 à 50 officiers, du grade de commandant à celui de général, suivent une formation de 12 semaines avant de repartir dans leurs brigades. Les pechmergas de base suivent une formation de plusieurs semaines pour devenir instructeurs dans leurs bataillons. Certains cours sont donnés par des instructeurs américains, comme Bill Luntsford, de Kansas City, que nous avons vu enseigner la critique des opérations, les valeurs des leaders, et l’éthique : « Je leur apprends ce qu’est un ordre légal, et un ordre illégal », nous dit-il. Nous ne savons pas sur quels critères ces soldats ont été choisis, mais nous avons pu vérifier dans une classe qu’il y avait à peu près le même nombre de soldats provenant du PDK et de l’UPK. Le colonel qui nous escortait dans le camp d’entraînement critiqua par contre notre désir d’identifier les pechmergas venant des deux partis, disant « nous sommes en train de les unifier, leur identification partisane appartient au passé ».

Le commandant en chef des brigades unifiées est Massoud Barzani, le président de la région du Kurdistan, alors que dans le passé les pechmergas de l’UPK étaient placés sous le commandement de Jelal Talabani. Les officiers commandant les divisions et les brigades sont nommés par un haut comité de dix membres attaché au ministre des pechmergas. Exprimant son point de vue sur l’unification des pechmergas, un officier devait remarquer : « Au sommet, nous travaillons bien ensemble… Plus bas dans l’échelle de commandement, cela prendra du temps ».

Nouveau litige avec Bagdad

chars UPKUn autre facteur limite l’unification des pechmergas du Kurdistan. La nouvelle forces des « Gardes du Kurdistan » est aussi un sujet de litige entre Bagdad et Erbil, beaucoup moins médiatisée que la controverse sur Kirkouk et l’article 140, ou le débat sur les contrats pétroliers signés avec les compagnies étrangères par le gouvernement kurde. Prétendant que les forces kurdes, exactement comme l’armée irakienne dans les parties centrale et méridionale du pays, participent à la défense de l’Irak – en d’autres termes, remplissent la même « tâche souveraine » -- le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) souhaite que Bagdad paie la note de l’entraînement et de l’entretien de cette force. Bagdad réplique que cette somme est déjà incluse dans l’allocation de 17% du budget irakien que les Kurdes reçoivent de Bagdad. Et Bagdad ajoute que le Kurdistan n’a pas besoin d’une force de 200.000 pechmergas – 100.000, ou même 50.000 suffisent. « Nous devrions recevoir de Bagdad entre 2 milliards et deux milliards et demi de dollars pour nos « gardes du Kurdistan », déclare Jaber al Yawal, « mais nous n’avons rien reçu depuis 2007… Et nous entraînons et équipons nos gardes unifiés du Kurdistan avec les maigres 700 millions de dollars que nous recevons du GRK (gouvernement de la région du Kurdistan) ».

Paradoxalement, tout en développant leurs propres forces armées, les Kurdes participent à la renaissance de l’armée irakienne, appelée la « nouvelle armée irakienne ». Certains officiers diplômés des deux collèges situés au Kurdistan – à Kala Tchoualan et à Zakho -- sont affectés à la nouvelle armée irakienne, comme le sont des officiers diplômés des deux collèges militaires se trouvant dans la régions arabe de l’Irak, à Nasiriya et à Bagdad. Mais les Kurdes observent avec de plus en plus d’anxiété la formation de cette nouvelle armée irakienne. Ils disent que conformément à la constitution, le nombre des soldats et des officiers kurdes devrait être de 20%, proportionnellement à la structure démographique de l’Irak. Mais en fait, ils ne sont que 8% -- et il y a seulement 12 % d’Arabes sunnites, contre 80 % de Chiites. Les soldats et les officiers kurdes sont concentrés dans cinq divisions placées le long de la « frontière » entre la région kurde et la région arabe. Sur les quinze divisions de la nouvelle armée irakienne, seulement deux sont commandées par un officier kurde. Et aucun « commandement régional », qui regroupe deux ou trois divisions, n’est commandé par un officier kurde. Au ministère de la défense, à Bagdad, il y a moins de 20 officiers kurdes. Le chef d’Etat-Major, le général Babeker, un Kurde, est sans pouvoir. Et le ministre, le général Abdel Kader al Obeidi, est un ex-Baasiste, « comme 90 % des officiers de la nouvelle armée irakienne », affirme le colonel Bakhtyar Mohammed Saddik Barzinji, commandant adjoint du collège militaire de Kala Tchoualan, qui remarque que le général Abdel Kader al Obeidi était proche d’Adnan Khairalla, qui était le cousin et le beau-frère de Saddam Hussein.

Quoique certains officiers kurdes, comme le général Sartip, commandant du collège militaire de Kala Tchoualan, disent que le nouvelle armée irakienne est « différente et démocratique », la plupart des officiers kurdes ne sont pas d’accord et disent que le « chauvinisme arabe est toujours aux commandes », et que la « nouvelle armée irakienne est comme la vieille armée baasiste ». « Nous craignons fortement », dit Jaber al Yawal, « qu’après le départ des troupes américaines ces officiers se réuniront et feront un coup ». Et, ajoute cheikh Jaffar, ministre des pechmergas du gouvernement régional kurde (GRK), « si les Américains se retirent avant que les problèmes entre les Kurdes et les Arabes soient résolus, et s’ils ne restent pas au Kurdistan, il y aura définitivement une guerre entre les Kurdes et les Arabes ».

The Middle East magazine, février 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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