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IRAK: Les Chiites irakiens et le pouvoir...

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Seyid Mohammed Baker al Hakim et cheikh Mehdi al Assefi à la tête d'une manifestation dans les rues de Téhéran...On ignore trop en Occident, où l’on voit volontiers un terroriste en puissance derrière chaque chiite, que le problème du terrorisme et, d’une façon générale, les rapports avec le pouvoir sont l’objet d’interminables débats au cours desquels les “fakis” (docteurs en droit islamique) partisans et adversaires de la “révolte” déploient des trésors de casuistique.

Pour certains “fakis” chiites, le détenteur du pouvoir ne peut pas être destitué, même s’il comment des erreurs et des injustices; la seule solution, pour ses sujets, est de faire preuve de “patience”. Seuls les moyens pacifiques sont admis pour faire changer d’avis celui qui gouverne le pays, ou pour le changer. De toute façon, “il ne faut pas que la révolte attire des ennuis” à celui qui se révolte ou à l”oumma” (communauté des croyants).

On peut ranger parmi ces “fakis” le marji (titre religieux signifiant Cheikh Mehdi al Assefi dans sa bibliothèque à Qomréférence) Abou al Kassem al Khoï, la plus haute dignité religieuse chiite en Irak depuis la mort de l’ayatollah Mohsen al Hakim en 1970. L’âge considérable de ce vénérable vieillard -- il est presque centenaire -- l’incite sans doute à la plus grande prudence.

D’autres “fakis”, en revanche, lient la possibilité de se rebeller contre le pouvoir à la nature de ce pouvoir: si le régime est athée, ou s’il fait preuve de “déviations”, non seulement la révolte est licite, mais elle devient un devoir, et les citoyens doivent sacrifier leur vie et leurs biens pour renverser le tyran: “il faut offrir tous les sacrifices nécessaires pour sauvegarder le fondement et l’essence de la religion, au même titre que l’obligation de djihad était rendue nécessaire dans beaucoup de contrées et beaucoup d’époques pour protéger le régime de l’islam et l’entité de la religion” (extrait de Mohsen al Hakim, La Voie des pieux, cité par Mohammed al Hakimi, Polémiques sur l’autorité politique en islam, thèse présentée à l’université de Paris 1, 1983).

Seyid Mahmoud al Hashemi, dirigeant du Conseil Suprême de la Révolution Islamique en Irak Une fois admis le principe de la révolte, il reste à décider dans quelles limites cette action peut s’exercer. Le rôle du “faki” qui guide un mouvement est donc essentiel; et il est évident qu’il peut y avoir autant de mouvements qu’il y a de “fakis” disposant d’une autorité suffisante pour faire reconnaître leur interprétation de ce qui est licite et de ce qui ne l’est pas. À son autorité purement spirituelle peut s’ajouter le poids de l’assistance financière d’un gouvernement.

Peu après sa fondation, le parti Daoua avait élaboré une stratégie en quatre phases. La première est une phase de préparation et d'organisation des musulmans, par la publication et la diffusion de livres et de brochures, par l'organisation de conférences et de séminaires: il s'agissait de redonner au peuple irakien sa véritable personnalité islamique. Comme l'expliquait cheikh Mohammed Madi al Assefi, porte-parole officiel de Daoua, "nous ne pouvions agir sur le plan politique proprement dit, parce que l'oumma n'était pas prête. Il fallait d'abord inculquer les idées islamiques, transformer les gens en vrais musulmans, pour disposer d'une vraie base d'action: en Iran, le mouvement islamique a réussi après avoir construit ses fondations, ses bases, dans la rue".

C'est seulement après cette préparation de longue haleine que les dirigeants de Daoua pouvaient envisager la seconde phase -- la lutte politique proprement dite, la confrontation avec le régime, -- qui se déroule actuellement et dont on peut faire remonter le début au 1er mai 1979, lorsque l'ayatolla Mohammed Baker al Sader lance un ordre de grève générale. L'objectif de cette lutte, c'est la prise du pouvoir, et la mise en place d'un gouvernement islamique en Irak (troisième phase) qui devrait servir de base à la libération de toute l'oumma islamique (quatrième phase)....

(Le Monde Diplomatique,  Avril 1984, extraits)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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