CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAK: Les "opérations suicides" des combattants de l'Islam à Bagdad

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Combattant devant un portrait d'un martyr“Ce que le régime appelle une opération suicide, nous l’appelons une opération martyre”, explique Abou Zahra en faisant un bref résumé des opérations pour lesquelles les commandos islamiques ont utilisé des charges de 250 à 400 kilos de TNT. Père d’une petite fille de deux ans, Abou Zahra, né à Bagdad en 1959, a quitté clandestinement son pays, après avoir obtenu un diplôme en mathématiques, pour s’engager dans le “Mouvement des Moudjahidines”.  “Une opération martyre, cela veut dire que quelqu’un doit mourir: il le sait dès le début. Quelquefois, il le sait un mois à l’avance; il prépare son véhicule, il dort dedans en se disant: ce véhicule va m’emmener au paradis... Parfois le moudjahed achète le véhicule avec ses propres deniers, ce fut le cas lors de l’opération contre le quartier général de l’armée de l’air en avril 1983”.

Moudjahed montrant l'emplacement d'opérations sur un plan de BagdadAbou Zahra a devant lui un immense plan de Bagdad marqué d’étoiles localisant les opérations réalisées par les diverses organisations chiites irakiennes. Avec ce genre d’actions, “nous sommes sûrs d’atteindre notre objectif quoi qu’il arrive... Si nous pensons atteindre sans nous sacrifier, nous n’allons évidemment pas le faire. Mais ces objectifs-là sont très fortement protégés avec des sacs de sable, parfois avec des murs de béton”. Au cours d’un entretien réalisé à Téhéran au siège du “Conseil suprême de la révolution islamique en Irak”, Abou Zahra raconte pourquoi il a rejoint l’organisation islamique, “parce que je suis musulman, parce que je voulais défendre l’Islam, et parce que je ne voulais pas servir le régime irakien ni entrer dans l’armée de Saddam”.

Seyid Abdel Aziz al Hakim, dirigeant du Mouvement des MoudjahidinesC’est après son départ d’Irak qu’il entre dans une organisation. “Avant, je n’osais pas parler de ces choses-là: seulement avec mon père, à la maison, quelquefois, en faisant très attention que personne ne nous entende”...  Dans ces conditions, comment les organisations clandestines chiites peuvent-elles recruter des militants en Irak même? “À l’intérieur de l’Irak, quand les membres de notre organisation considèrent que les parents de personnes qui ont été tuées par le régime sont prêtes à adhérer à notre organisation, qu’ils sont sûrs, alors ils prennent contact avec eux... Ces personnes considèrent comme un grand honneur de se voir remettre une arme -- ou une voiture chargée de TNT”, affirme Abou Zahra.

Membre de “l’organisation intérieure” du Mouvement des Moudjahidines, il fait constamment la navette entre l’Irak et l’Iran, sans doute en passant par le Kurdistan. Il est maintenant en “permission” à Téhéran, où sa femme attend son second enfant. Il retournera à l’intérieur quand il en recevra l’ordre. Peu loquace, Abou Zahra refuse de fournir des détails circonstanciés sur ses activités à l’intérieur de l’Irak: il ne veut évidemment rien dire qui permette aux autorités irakiennes de l’identifier.

À l’intérieur, il peut exécuter une mission strictement politique: contacter les membres de l’organisation, distribuer des documents, livrer de petites affichettes avec des portraits de l’imam Khomeini, de Seyid Mohammed Baker Baker al Sader, et des membres de la famille al Hakim qui ont été exécutés, affichettes que les militants colleront ensuite sur les murs. Que se passe-t-il si la police attrape un de ces militants en train de coller ces affichettes? “C’est l’exécution à coup sûr, répond-il, mais si cela devait avoir lieu, nous ne nous rendons pas, nous nous battons jusqu’au bout”.

Le but des opérations militaires à l’intérieur de l’Irak est de “briser la barrière de la peur”. Le jour même où Abou Bilal a réalisé son opération contre le ministère du Plan (1er août 1982, cette opération spectaculaire, 250 kg de TNBT, força Saddam Hussain à renoncer à accueillir à Bagdad le sommet des non-alignés) quatorze personnes se sont présentées comme volontaires pour des opérations suicides”.

Comme preuve de l’efficacité de son organisation, il montre des documents officiels des services de la sécurité militaire irakienne saisis à Fao: un responsable de la SM irakienne y attire l’attention des chefs d’unité sur la présence de commandos islamiques armés prêts à s’infiltrer pour détruire les installations pétrolières. Mais Abou Zahra refuse de laisser photographier ces documents. Comme il refuse évidemment de se laisser photographier, la sécurité irakienne ne sait évidemment pas qu’il est un “moudjahed”: “Je veux, dit-il, continuer de me fondre dans la foule quand je retourne en Irak”...

(Le Matin, 29 Juillet 1987)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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