CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAK: Les sanctuaires chiites du sud de l'Irak

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Silhouette d'une femme couverte d'un voile noir se détachant sur les tombes du cimetière de Najefe ... Première vision de Najef, près de la mosquée, dans la rue principale, des écrivains publics, tapant sur leurs machines à écrire, sous de grands parasols... Dans les rues, les imams sont nombreux: on est dans la ville où fut enterré Ali, le gendre du prophète Mahomet. Mortellement blessé dans la mosquée de Koufa, Ali aurait demandé qu’on le hisse sur un chameau que ses serviteurs devaient laisser errer librement dans le désert, et qu’on l’enterre à l’endroit où le chameau mettrait genou à terre...  Mais selon d’autres légendes Ali aurait été enterré à Koufa, ou à Médine près de son épouse Fatima, fille de Mahomet. Qu’importe. Najef demeure une ville privilégiée, et, pour les Chiites, l’endroit où attendre le jour du jugement dernier, à proximité des tombeaux des imams défunts.

Un immense champ de tombes

La cour et le dôme doré de la mosquée deKoufaAussi le cimetière est-il un immense champ de tombes s’étendant à perte de vue entre le ciel et le désert. Ils viennent de partout, des marais du sud de l’Irak, d’Ira, d’Afghanistan, parents et amis, pour escorter leur mort. Arrivés près de la mosquée, ils déchargent le cercueil, puis le portent vers le sanctuaire. Un portail d’or et d’argent massif s’ouvre sur le mausolée. Après s’être déchaussés, ils pénètrent dans le sanctuaire, et font faire au défunt, parfois enveloppé d’un simple suaire, une ultime procession, en courant trois fois autour du tombeau d’Ali, au milieu des fidèles qui, adossés aux colonnes de marbre, prient, lisent le Coran, tandis que des mères voilées de noir portent leurs enfants jusqu’au sarcophage pour qu’ils puissent le toucher des doigts, l’embrasser... Chaque fidèle laisse son aumône: un humble billet, ou des perles, des chaînes d’or, des couronnes de roi, des tapis...

Une décoration d'une richesse inouïe

La richesse du sanctuaire défie la description: portes d’or et d’argent merveilleusement travaillés par des orfèvres persans, marbres, lampes de cristal dont les milliers de miroirs à facettes réfléchissent à l’infini la lumière, torsades en mashreb du sarcophage: l’œil est ébloui.

Silhouettes de fidèles se détachant dans une porte de la mosquée de KhadimiyaDans la grande cour de la mosquée, à l’ombre des murs du mausolée ou dans les petites niches du mur d’enceinte, entièrement recouvert de carreaux de céramique, des femmes nourrissent leur famille, ayant apporté réchaud et galettes de pain. Un enfant au sein, les autres courant après les pigeons, elles ont installé leur campement à l’intérieur de la mosquée. Trop pauvres pour aller à l’hôtel, ces familles passeront la nuit dans la cour de la mosquée, avant de repartir le lendemain pour regagner leur tente dans le désert, leur hutte de roseau ou la petite maison de terre battue de leur village. À Najef, ville austère, la mosquée est ouverte jour et nuit pour les croyants.

Après la procession à l’intérieur de la mosquée, le cercueil est à nouveau hissé sur le toit du taxi. Le cimetière est proche, certes, mais il est si vaste qu’il faut parfois faire plusieurs kilomètres pour atteindre la tombe où doit être enseveli le défunt.

Sur un monticule qui domine les tombes, une femme, drapée de noir, médite. Plus loin, une famille enterre son mort au milieu de petits tumuli. Il y en a des milliers, tous orientés vers La Mecque, vers le soleil couchant qui éclaire les inscriptions, les photos ou les fleurs peintes par un artiste naïf sur les pierres tombales de tous ces fidèles qui attendent dans le désert le jour du jugement dernier.

Koufa, où fut ssassiné Ali

À quelques kilomètres seulement de Najef, Koufa, la ville où fut assassiné Ali en 661, attire peu de monde de nos jours, elle est totalement ignorée des touristes. Et pourtant, de toutes les mosquées d’Irak, Koufa est la plus émouvante: en franchissant son porche, on ne peut s’empêcher d’avoir l’impression de faire un bond en arrière de plusieurs siècles, d’être transplanté aux premiers jours de l’Islam, lorsque la vie avait une simplicité encore “biblique”.

Loin des foules, quelques saints hommes prient sur des nattes de roseaux, à même le sol de terre battue, au milieu d’une immense cour rectangulaire entourée de hauts murs -- colonnades et voûtes ont depuis longtemps disparu -- tandis qu’une femme voilée de noir traverse lentement la cour avant de disparaître par une petite porte donnant sur la palmeraie.Fidéles faisant le tour du tombeau de l'imam Ali avec un cercueil à Najef

Un modeste sanctuaire s’élève encore contre l’un des murs, là où fut mortellement frappé le gendre de Mahomet. À quelques mètres, on montre une pierre portant l’empreinte de sa main... C’est tout.

Il ne reste rien de plus: or, argent, bois sculptés n’ont pas résisté au temps et à l’histoire. Autrefois, se dressait ici une mosquée aussi belle que celles de Najef, Karbala, Kazimain, Samarra... Mais l’étonnant silence qui règne dans cette enceinte, son dépouillement, la pureté de ses lignes, et celle de la lumière au soleil couchant, la foi de ceux qui s’obstinent à venir prier en ses murs font que Koufa demeure, malgré tout, l’un des plus beaux monuments élevés à la gloire de l’Islam...

(Total Information, Extraits, N° 73, Printemps 1978)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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