CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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TURQUIE: Y-a-t-il Une Mode islamique?

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Dernière photo d'Ocalan libre, Rome 3 janvier 1999

Abdoulla Ocalan, Rome 1999

Fayçal

Roi Fayçal

 

Ghardaia

Mzab, Algérie

 

General Barzani, 1971

Général Barzani

 

vitrinePour des millions de femmes turques, il est absolument impératif de porter le voile. D’abord pour être conforme aux règles de l’islam. Souvent aussi pour satisfaire le rigorisme d’un père ou d’une mère très sensibles au qu’en dira-t-on. Ou celui d’un mari soucieux de cacher aux autres les charmes de sa femme.

Faut-il pour autant porter un voile ou une tunique d’un noir ou d’un gris d’une tristesse désolante? Rien, dans le Coran ou ailleurs, ne le prescrit. Pourquoi pas donner aux vêtements des femmes musulmanes les couleurs des dernières tendances de la mode? Pourquoi pas concevoir des foulards, des écharpes, des tuniques, des tenues de soirée, qui respectent les canons de la vertu islamique, tout en donnant à celles qui les portent le plaisir d’une certaine élégance?

Le Pari de Mustafa Karaduman

vendeusesUn homme d’affaires turc l’a fait. Avec un succès considérable. Parti de rien, Mustafa Karaduman est aujourd’hui à la tête d’un petit empire basé sur la mode islamique. Né en 1957 à Malatiya, dans l’est de la Turquie, il n’a pas poussé ses études au delà de l’école primaire, et a tout de suite commencé à travailler dans un atelier de confection, comme repasseur. Manifestement Mustafa Karaduman devait avoir un certain talent, car il a très vite progressé, travaillant successivement à la coupe, puis comme modéliste, et enfin comme chef d’atelier.

En 1978, il ouvre son premier atelier de confection. Et en 1982 son premier magasin. Pendant une dizaine d’années il fonctionne avec un certain "amateurisme", reconnaît-il aujourd’hui. A partir de 1992 il se professionnalise, recrutant des stylistes, élaborant une véritable mode, avec le désir de remplir une certaine "mission islamique". Mais aussi avec la volonté de mettre sur pied une affaire d’envergure internationale.

clientesAujourd’hui il est à la tête d’une usine de confection dans laquelle travaillent 7 ou 8 stylistes et environ 800 ouvriers, et d’une chaîne de magasins à l’enseigne symbolique: "Tekbir". On en trouve dans les principales villes de Turquie à population conservatrice, à Istamboul et Ankara, à Konya et Kayseri. Rien qu’à Istamboul il y a une vingtaine de magasins "Tekbir", dont 3 dans le quartier de la grande mosquée Fatih, un bastion du conservatisme musulman. Mais on trouve également des magasins "Tekbir" dans des quartiers aussi divers que Kadikoy, Uskudar et Pendik.

Il faut voir la foule des femmes qui se pressent dans ces magasins pour essayer le dernier foulard ou une tunique, accueillies par de jeunes vendeuses très accortes, portant toutes un des derniers foulards multicolores sortis des ateliers de Mustafa Karaduman. "Il n’y a pas de règle concernant la couleur", dit l’homme d’affaires en faisant visiter son principal magasin à Fatih, "c’est le choix des gens qui veulent vivre leur religion de la meilleure façon possible... Mais sous la tunique, on peut porter n’importe quelle couleur... Et nous sommes en chasse pour les dernières couleurs du monde de la mode, nous n’avons jamais mis de limites aux couleurs de nos modèles -- ce sont les stylistes qui décident la mode de la saison prochaine"...

Le succès de Mustafa Karaduman tient à son utilisation hardie des couleurs, et aussi à une politique commerciale très agressive: les prix de ses modèles défient toute concurrence: 10 Millions de Livres Turques (6,5 Euros) pour une chemise, 50 millions (32 Euros) pour une veste, 225 millions (140 Euros) pour une tenue de soirée...

Le succès est total: ses boutiques sont toujours bondées, et selon Mustafa Karaduman, environ le tiers de sa clientèle est composé de femmes non voilées qui viennent chercher chez lui des modèles qu’on ne trouve que dans des boutiques très chères comme Ipek Yol. Elles y trouvent également un modèle d’écharpe signé Tekbir, qui se vendent de 18 à 28 millions de Livres Turques (12 à 20 Euros) en satin , et de 60 à 80 millions (40 à 55 Euros) en soie: il en vend 4.000 modèles par mois en Turquie.

Tekbir distribue également ses produits en Europe, en particulier en Allemagne, où vit une importante communauté immigrée turque. Mustafa Karaduman a des plans très ambitieux pour l’avenir, envisageant de construire une nouvelle usine et de construire un centre commercial où il vendrait également des meubles. Mais la situation économique en Turquie l’oblige à faire preuve d’une certaine prudence et à remettre ces plans à plus tard...

(Inédit, 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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