CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

www.Chris-Kutschera.com


IRAN: Invitation au Tourisme

Sommaire

AFRIQUE

AMERIQUE

ASIE

EUROPE

FRANCE

KURDISTAN

MOYEN-ORIENT

ARCHIVES PHOTOS

Galerie Photos

 

pilote

Pilote de chasse Erythrée

 

Equipage sonnant la fin de la chasse

France

 

Jeune nomade kurde avec un bébé

Nomades Kurdes Turquie

Silhouette de femme voilée devant le cimetière de Najef

Najef, Irak

 

Livre Noir

 

Defi Kurde

 

stories

La place de l'Imam, IspahanVous en avez assez de vous dorer au soleil sur les plages de Saint-Bart et de Saint-Martin; les Seychelles? Vous avez donné. Les Galapagos et leurs fonds sous-marins, c'est banal. Vraiement, vous ne savez plus où aller sans rencontrer votre voisin de palier ou votre expert-comptable? Vous cherchez une destination unique, un endroit où vous n'entendrez pas parler français, ou pire, allemand, à la table d'à côté, au restaurant ou au bar? Eh bien n'hésitez pas, partez en Iran.

Des tarifs intéressants

Profitez-en, après 15 ans de révolution ce pays est en train de s'ouvrir aux touristes: il y en avait 600.000 en 1975, vous serez les seuls ce printemps. C'est Mehdi Hachemi, cousin du président Rafsanjani et vice président de la fondation des "Mostazafin" (les "déshérités") qui nous l'a annoncé: le président Rafsanjani veut ouvrir les portes de l'Iran: "dans le futur,assure-t-il, le tourisme doit être une source de revenus plus importante que le pétrole".

Bas-relief à PersepolisCe n'est pas pour demain, mais quand même dépêchez-vous. Président de l'AITO (organisation internationale du tourisme "Azadi") Mehdi Hachemi contrôle la plupart des hôtels de luxe iraniens qui, comme l’hôtel Azadi, le ci-devant hôtel Hilton, ont été confisqués après la révolution et attribués à la fondation des "Mostazafin"; et il est en train de nouer des contacts avec un certain nombre d'agences de tourisme étrangères pour attirer des touristes en Iran à des "tarifs intéressants".

Tous les touristes sont-ils les bienvenus en Iran? ou les autorités islamiques du pays des Moullahs ont-elles des préférences pour certaines catégories? pour les touristes d'un certain age, pas trop remuants? "Pas du tout, assure Mehdi Hachemi, nous ne jetons d'exclusive contre personne :nous avons déjà eu des groupes de jeunes touristes et nous n'avons eu aucun problème". Certes, souligne le responsable du tourisme iranien, les femmes doivent être correctement habillées, leurs cheveux couverts, et les hommes ne peuvent pas boire d'alcool..."Mais c'est très intéressant pour ces touristes de vivre pendant quelques jours en respectant nos traditions, et de se familiariser avec notre civilisation et avec notre révolution".

Le débat sur l'ouverture au tourisme

Silhouettes de femmes voilées de noirEn fait, comme l'avouera un collaborateur de Mehdi Hachemi, "les portes de l'Iran ne sont pas complètement ouvertes: nous sommes en train de les entre-ouvrir". Il y a encore des gens, à des postes importants, qui considèrent que faire venir des touristes occidentaux pour des poignées de dollars ou de Deutsch marks, c'est "trahir les valeurs culturelles de la révolution islamique".Comme Mehdi Hachemi dépend directement des deux plus hautes autorités politiques (Rafsanjani) et religieuse (Khamenei) de l'Iran, l'issue du débat fait peu de doute: il arrivera à ses fins, et vous en Iran.

C'est un pays fabuleux pour les touristes français, un vrai pays de Cocagne: votre agence de voyage se fait peut-être facturer vos chambres d’hôtel en dollars, mais depuis la libéralisation des changes, c'est l'un des pays les moins chers du monde, sinon le moins cher: au cours libre, légal, le franc s'échange à environ 250 rials, ce qui vous permet de dîner dans un excellent restaurant indien sur l'avenue Vali Asr pour ... 15 francs par personne! Un billet d'avion sur les lignes intérieures dépasse difficilement les 25 francs. À ce prix-là n'hésitez pas à vous offrir des chaussures, d'excellentes copies de marques italiennes, ou un téléphone portable... Le caviar est très abordable: une boîte de 200 grammes vaut environ 90 francs: essayez de vous en procurer auprès d'amis européens vivant à Téhéran (les Iraniens en général ne connaissent pas les filières) et dégustez le dans votre chambre d’hôtel: vous en garderez un souvenir ému.

Une capitale sans intérêt

Les séjours organisés par les agences de tourisme ne comportent en général qu'une brève escale à Téhéran: ne vous en plaignez pas; en dehors de ses musées, déserts et splendides, la capitale ne présente aucun intérêt -- à part son bazar. Il vaut cependant la peine de flâner sur l'avenue Vali Asr (l'ancienne avenue Pahlavi) et autour de la place Mohseni et de la rue Roosevelt. C'est là que sont concentrées les boutiques "élégantes" de Téhéran, dans des passages ou des galeries où l'on oublierait vite que l'on est en Iran, si la tenue vestimentaire des femmes ne nous rappelait vite à la réalité; c'est là aussi que l'on peut constater les ravages de la "corruption", la coquetterie avec laquelle les Téhéranaises détournent les réglementations de la bonne tenue islamique: on ne voit pas de "tchadors", ces grands voiles, noirs de préférence, dans lesquels les femmes doivent s'envelopper.

La plupart du temps elles se contentent de porter un "Roupouch", une espèce de manteau, qu'elles choisissent souvent de couleur claire, et un foulard qui peut venir d'un magasin bien connu du faubourg Saint-Honoré. Les chaussures, raffinées, et une trace, ô horreur, de fard, achèvent de dénoncer l'élégante qui, si elle a moins de 20 ans, porte souvent des jeans sous son manteau.

Ispahan, le coeur de l'Iran

Mais c'est à Ispahan que bat le cœur de l'Iran, et c'est dans cette ville magique, qui fait encore rêver tous ceux qui ont vu le film des "Mille et une nuits" de Pasolini, que l'on retrouve un Iran immuable, malgré les révolutions... Certes, la place Royale est devenue la place de ... l'Imam, et la mosquée du Chah s'appelle aujourd'hui la mosquée ... de l'Imam; mais on peut toujours admirer de la terrasse du palais d'Ali Qapu l'une des plus belles places du monde. Et se promener pendant des heures dans les cours de la mosquée de l'Imam en s'extasiant devant la beauté de ses iwans et la richesse de sa décoration. Le palais des 40 colonnes, le Tcehel Sotoun, un des monuments les plus connus d'Ispahan, a retrouvé sa splendeur depuis que les autorités iraniennes ont enlevé les draps qui masquaient certaines peintures murales jugées excessivement "lascives" par les censeurs...

Véritable ville dans la ville, avec ses kilomètres de ruelles recouvertes, ses mosquées et ses fontaines, ses caravansérails et ses milliers de boutiques, le bazar d'Ispahan est sans conteste l'un des plus beaux du monde, et l'un des plus riches. Seul un portrait géant de Khomeini, à l'entrée du bazar, rappelle que les temps ont changé, mais ses commerçants et ses artisans sont toujours aussi actifs et aussi riches.

Pour le plaisir de l’œil, (n'achetez pas, vous vous feriez confisquer vos merveilles à l'aéroport en partant), pour le seul plaisir de l’œil donc, faites-vous montrer des tapis, ou des tissus brodés du Cachemire: vous en serez malades -- de si beaux objets, sous la main, avec des marchands prêts à négocier....Mais vous devez résister à toutes les tentations. Consolez vous en allant fouiner chez les artisans: vous pourrez emporter un très beau tissu estampé avec des motifs traditionnels, ou un foulard en soie (une affaire, l'équivalent de moins de 30 francs) ou une coupe de cuivre décorée par des peintres miniaturistes qui ont conservé le talent de leurs ancêtres... Il est difficile d'imaginer un séjour à Ispahan sans une escale à l’hôtel Abbassi -- l'ancien Chah Abbas. Si votre agence ne vous y a pas logés, ne gémissez pas trop, le service n'y est pas fameux. Contentez vous d'aller vous émerveiller (?) devant la richesse de la décoration de ses salons et de sa somptueuse salle à manger: sans vins, sans alcool, tout ce luxe paraît finalement bien morne!

Tout l'Iran est aujourd'hui accessible, sans restrictions, aux touristes qui peuvent aller à Chiraz, mais aussi à Bakhtaran (l'ancienne Kermanchah), Kerman, Yazd, et Bam, la ville fantomatique dont les demeures en terre, à demi écroulées, se dressent sur un des plus beaux paysages d'Iran. Les passionnés d'archéologie pourront enfin visiter les sites de Pasargades et de Persépolis, dont les ruines magnifiques sont un véritable manuel illustré d'histoire antique.

Les curieux pourront, l'été, aller tâter les eaux de la Caspienne -- et goûter les joies rares des plages séparées pour les hommes et les femmes qui se baignent ... comme se baignaient nos arrière grand-mères à la fin du siècle dernier, vêtues d'une longue tunique, sous la surveillance d'une gardienne en ... tchador. L'hiver, les amateurs pourront aller skier, sur des pistes séparées, où les deux sexes ne se rencontrent pas, sauf quand les jeunes, habillés d'une longue parka et d'un passe-montagne, arrivent à skier sur les pistes réservées au sexe opposé sans se faire repérer par les surveillants...

Faire du tourisme au pays du tchador, c'est certainement se soumettre à un certain nombre de règlements, souvent irritants, mais n'oubliez pas mesdames, que même vu à travers un foulard, l'Iran reste un des plus beaux pays du monde.

(The Middle East magazine, December 1991)                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

postmaster@chris-kutschera.com


Droits de Reproduction strictement réservés © Chris Kutschera 2012

ENGLISH

 

 

AFRICA-ASIA

EUROPE

KURDISTAN

MIDDLE-EAST

 

 

Jeune iranienne se voilant devant son miroir  avant de sortir

20 ans en Iran

 

Observateur de la MONUIK à Oum Kasser

Koweit

Portrait de Yilmaz Guney

Yilmaz Guney

 

Vue de la baie de Mukalla avec la grande mosquée

Mukalla, Yemen

Guide litt

 

couv 40

 

Mvt Kurde

 

Defi persan