CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAK: L'Essor du Parti Daoua (Dawa)

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cheikh Mahdi al AssefiOn ne soulignera jamais assez que la fondation en 1957-1958 du plus ancien mouvement chiite irakien a eu lieu au moment où l’influence des dignitaires religieux de Najef, Karbala, et Kazimiyé (Bagdad) était au plus bas: le sud chiite de l’Irak était devenu le fief du Parti Communiste Irakien (PCI) qui allait recruter ses militants et ses cadres jusqu’au sein des familles d’oulémas.

C’est donc pour réagir contre cette influence croissante des partis politiques laïcs et athées, et contre la décadence de l’esprit religieux, qu’un certain nombre d’oulémas chiites regroupés autour de l’ayatolla Mohammed Baker al Sader fondent le parti “Daoua” -- au moment où le général Kassem renverse la monarchie irakienne (14 juillet 1958) et où le PCI croit arriver au pouvoir.

Stratégie en 4 phases

Cette situation historique explique la stratégie en quatre phases du parti Daoua: l’objectif est l’établissement d’un gouvernement islamique, mais il s’agit là d’un objectif lointain, qui ne sera atteint qu’après un long travail d’éducation, de propagande et de re-islamisation de la société irakienne. Recrutant ses membres parmi les oulémas des écoles théologiques de Najef et Kazimiyé, mais aussi parmi les intellectuels chiites qui font leurs études dans les universités irakiennes et dans le petit peuple des boutiquiers de Karbala, Diouaniya et Basra, le parti Daoua reste longtemps un parti clandestin qui, pendant la première phase de son activité, attire peu l’attention des autorités, et échappe à la répression.

Mahdi al Assefi et Baker al HakimParadoxalement, c’est le coup d’état du 17 juillet 1968 et l’arrivée au pouvoir d’un parti laïc qui récuse théoriquement le confessionnalisme -- le Baas -- qui signalent le début de la “guerre civile larvée” qui va sévir désormais en Irak entre la communauté chiite et le pouvoir sunnite de Bagdad. La répression devient sanglante après l’exécution en 1974 de 5 membres du parti Daoua, et s’intensifie encore après les troubles qui suivent l’interdiction du pèlerinage traditionnel de l’Achoura, en 1977. L’exécution, le 8 avril 1980, de l’ayatolla Mohammed Baker al Sader est un coup très grave pour le parti qu’il avait fondé -- au moment où celui-ci est débordé par des nouvelles organisations chiites -- comme “Jounda al Imam” (les soldats de l’Imam), ou totalement nouvelles, comme l”organisation de l’action islamique” (Amal) et le “mouvement des moudjahidines (Harakat al Moudjahidin) -- qui critiquent l”attentisme” et le “réformisme” du parti Daoua et donnent la priorité à la lutte armée et aux attentats souvent spectaculaires réalisés par des commandos suicides.

La Charia et le suicide

Taki al MudaressiTout en reconnaissant que le suicide est condamné par la “Charia” (la loi islamique), seyid Mohammed Taki al Moudaressi, le “guide” d”Amal”, explique le comportement de ces commandos-suicides: “Nous n’avons pas d’autre solution, nous sommes au bout du tunnel: si un jeune militant vient avec une arme et tire sur un policier, il est arrêté et tué. Et pas seulement lui, mais aussi sa famille, ses amis. Alors, ces jeunes gens préfèrent se donner la mort, et être surs de mourir seuls, car les autorités ne sauront pas qui ils sont”.

Il est évidemment difficile d’apprécier l’implantation et l’influence réelles d’un parti clandestin: mais le fait que des organisations comme le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK) de Jelal Talabani, et même le Parti Communiste Irakien (PCI) que tout sépare d’une organisation islamique chiite, aient cherché, ou cherchent encore à entamer un dialogue avec Daoua est significatif: même si son influence connaît des vicissitudes sous les coups de la répression, le parti Daoua est une force réelle avec laquelle il faut compter.

C’est un parti très structuré: sa direction comprend une instance suprême, le Conseil des Fakis, composé de trois membres, parmi lesquels seyid Kazem al Haeri, un disciple de l’ayatolla Mohammed Baker al Sader. Le Conseil Exécutif du parti Daoua comprend 70 membres qui représentent toutes les “provinces” dans lesquelles le parti a des branches: comme l’explique cheikh Mohammed Mahdi al Assefi, le porte-parole officiel de Daoua, “nous croyons que n’importe quel pays islamique est notre pays, et que tous les pays du monde islamique font partie de notre nation. Le Parti de l’Appel islamique (Daoua) a été fondé en Irak et a démarré en Irak, mais les objectifs du parti ne s’arrêtent pas aux frontières de l’Irak. Il y a l’Inde, le Pakistan, et il y a dans le Maghreb des Irakiens qui ont emmené l’idée de Daoua. Il y a aussi l’Afghanistan, l’Iran, le Golfe, le Liban. Il y a aussi des Irakiens qui sont partis d’Irak et du Golfe et qui sont allés en Syrie, en Europe, et en Amérique.

Partisan du Dialogue

Le parti Daoua est aussi -- ou a été -- le parti du dialogue: en 1980, Daoua publiait un “manifeste de l’entente” assez étonnant, dans lequel il proposait à tous les Irakiens, et en particulier aux Kurdes, à tous les partis politiques, syndicats et organisations -- et nommément aux communistes et marxistes -- aux gens du Livre, aux Chrétiens d’Irak, d”engager un dialogue et des consultations” en vue d’une action commune contre le régime de Saddam Hussain sur la base d’un programme commun minimum.

Mais les initiatives de Daoua en faveur d’un “front” de l’opposition irakienne  tournent court -- à cause des atermoiements  des autres forces politiques irakiennes, et aussi à cause des pressions de Téhéran: lors de son congrès du printemps 1982, le parti Daoua “prête serment d’allégeance à l’Imam Khomeini” et définit ainsi ses relations avec la République islamique d’Iran: “Nous ne sommes pas les alliés de cet Etat, mais nous en sommes une partie inséparable dans toutes les circonstances... et nous sommes obligés d’adopter tout programme que propose l’Etat islamique d’Iran et d’oeuvrer en vue de son succès”.

(Le Monde Diplomatique, avril 1984 ; 24 Heures, 1984, extraits)

 

 

 

 

 

 

 

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