CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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FRANCE: La vie de Château: Cheverny, Ussé, Montpoupon...

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Cheverny...“C’est mon oncle Philippe de Vibraye qui, juste après la guerre de 1914-18, a eu l’idée d’ouvrir Cheverny aux touristes. Depuis toujours, il y avait des curieux et des chercheurs qui demandaient l’autorisation de visiter le château, de voir les archives. Mais en 1920, l’oncle Philippe a pris la décision de laisser visiter le château: il fallait être culotté! Il a été critiqué. Sa mère a dit: “Mais que vais-je faire le mardi”? Le mardi, c’était le jour de son “thé”. Alors Cheverny est resté fermé le mardi...

L'essor du tourisme en 1936

“Au début, il n’y eut que de rares “pèlerins”. En fait, c’est en 1936, au moment du Front Populaire, que le tourisme prit son essor: des trains entiers de congés payés ont débarqué à Cheverny. Et à partir du moment où l’on a ouvert les portes aux touristes, il n’y a plus rien à inventer”.

Arnaud de Sigalas à ChevernyCombien de visiteurs Cheverny attire-t-il chaque année? Arnaud de Sigalas refuse de le dire: “Mon oncle a toujours refusé de répondre à cette question: quand on insistait, il disait toujours: “Et vous, quels sont vos revenus”?

En fait, le nombre des visiteurs de Cheverny avoisine les 200.000 chaque année; avec des tickets individuels à 7,50 F et des tickets de groupe à 4 F, cela représente une somme considérable. “Sans les touristes, on ne pourrait pas vivre”, répond Arnaud de Sigalas, et en bon gestionnaire, il fait un gros effort promotionnel pour attirer un plus grand nombre de touristes à Cheverny.

“Vous savez, je crois beaucoup au tourisme: grâce aux journaux et à la télévision, les gens se cultivent de plus en plus. Et les loisirs sont de plus en plus longs. Mais je crois qu’en France, nous sommes encore des débutants dans ce domaine. Prenons un exemple: le propriétaire d’un château fait un dépliant. La région en fait un. Et le département aussi! Si on savait se grouper, ce serait plus efficace. Actuellement on assiste à un gaspillage énorme. Mais souvent, les propriétaires préfèrent le “coup par coup” isolé.

La limite à ne pas franchir

Personnellement, je suis tourmenté -- c’est ma bête noire -- par la limite qu’il ne faut pas franchir pour que Cheverny devienne une affaire commerciale. Certes, on vit du tourisme. Certes, Cheverny est commercialisé, mais il faut protéger son image de marque: Cheverny est un haut lieu de la vènerie, c’est un château habité...

“Pour l’instant, je n’accepte que quelques rares banquets et congrès dans l’ancienne orangerie. Mais peut-être que dans trois ans, je ferai comme les “copains”, et j’aurai des Japonais dans ma salle à manger”.

UsséComment rester chez soi quand on reçoit 200.000 visiteurs par an? Les PDG châtelains d’aujourd’hui n’ont-ils pas l’impression d’être un peu leurs propres “squatters”? “Vous savez, c’est peut-être à cause de l’équipage -- peut-être le dernier de France dont les “boutons” sont mes invités -- peut-être à cause de la disposition des lieux, mais cela ne nous gêne absolument pas”.

“Si j’étais né soixante ans plus tôt, cela me gênerait peut-être. Mais ma femme et moi, nous n’avons pas connu autre chose. Et les appartements sont très bien disposés: ma tante (la veuve du marquis de Vibraye) vit dans une aile, ma femme, les enfants et moi dans l’autre... Et puis les touristes ne visitent que le corps central.

“En réalité, pour moi, tout est mêlé: il n’y a pas une partie bureau, puis on rentre chez soi. Le téléphone sonne partout. Pouvez-vous imaginer qu’à Cheverny j’ai dix-huit appareils, dans le bureau, l’appartement, les communs, les écuries, etc. Je vois moins ma femme et les enfants qu’à Paris”.

Arnaud de Sigalas vit comme tous les autres PDG, sans horaires de travail fixes. “La chasse, les chevaux m’occupent six mois sur douze. Et il y a le reste: les bois de Cheverny -- 1.800-1.900 hectares -- c’est mon problème numéro Un. Si j’étais un forestier, je ferais des ensemencements, avec des quadrillages, mais je ne peux pas, à cause de la chasse. Les grands animaux aiment les fourrés et les couverts. Et puis, maintenant, les Eaux et Forêts imposent un “plan simple de gestion”...

L’équipage?

Chateau de Montpoupon“L’équipage coûte très cher”! Arnaud de Sigalas refuse de dire combien... Probablement de 250 à 300.000 Francs par an. “Comme je vous l’ai dit, les gens qui chassent avec nous sont nos invités. La vie à Cheverny est dominée par l’équipage, monté en 1850. C’est une institution. Même si on voulait le supprimer, on ne pourrait pas immédiatement, à cause de la meute, qui attire beaucoup de visiteurs.

“On chasse le samedi et le mardi sur un territoire de rêve: 50.000 hectares! Évidemment, il y a des problèmes, avec les pavillons, les rois arabes qui posent des clôtures de six kilomètres de long, et les écologistes... Mais le mardi, nous chassons entre nous: ma femme et moi, Lafeuille (le piqueux), Jolibois, une invitée, une invitée et demie! Une fois nous avons pris notre cerf à neuf heures et quart. Nous étions restés onze heures à cheval. Une heure après, j’étais sur l’autoroute, fonçant vers Paris, où je passe environ deux jours par semaine. Je vais à des réunions, pour les forêts et les étangs, les fédérations dont je m’occupe, je fais faire des affiches, des maquettes de Cheverny, je vois des gens du tourisme”...

(Signature, N° 110, Avril 1979, extraits)

 

 

 

 

 

 

 

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