CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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KURDISTAN IRAK : Portrait d'un juge déterminé

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Peu connu en dehors de l'Irak avant le procès de RizgarSaddam Hussein, le juge Rizgar Mohammed Amin est devenu célèbre quand il a été nommé président du tribunal spécial irakien jugeant Saddam Hussein pour le meurtre de 148 hommes, femmes et enfants chiites en 1982 à Al Dujail. Ce procès historique s'est ouvert le 19 Octobre 2005. Rizgar Mohammed Amin est le seul juge qui ait accepté d'être filmé pendant les auditions.

Le juge Rizgar Mohammed Amin, qui est toujours resté très courtois, a été accusé d'être trop tolérant face aux esclandres de l'ex-président. Il a fini par démissionner le 14 Janvier 2006.

Depuis, le juge est devenu membre de la Cour suprême du Kurdistan à Erbil et président de l'Union des juges de la région du Kurdistan.

Homme discret, qui évite généralement de rencontrer la presse, le juge est né à Souleimania il y a 50 ans. A chaque procès dont il a été le juge, il a tenu à ce que la justice soit rendue de manière totalement équitable et impartiale, quel que soit l'accusé.

Pourquoi avez-vous accepté de juger Saddam Hussein et ses co-accusés?

Nous ne vivons qu'une seule fois. Je suis juge. On m'a demandé de faire ce travail et je ne refuse pas les tâches que l'on me confie. J'étais conscient que ce procès comportait des disques, et pas seulement un risque pour ma vie. Mais nous avons le devoir de nous assurer que la loi est respectée. Nous, les juges, nous avons d'énormes responsabilités. Notre métier est très difficile. Nous devons décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, et c'est une lourde tâche.

Comment avez-vous fait pour garder votre sang froid?

C'est un don de Dieu.

Qu'avez-vous ressenti quand vous vous êtes retrouvé face à l'accusé Saddam Hussein?

C'était une mission historique. J'espère l'avoir accomplie de manière professionnelle. Comme les médecins, je considère les accusés comme des "patients". Je n'avais jamais rencontré Saddam Hussein auparavant. Je l'avais vu à la télévision, et une fois dans sa voiture, dans les rues de Souleimania. Je voulais être totalement impartial. Je souhaitais faire respecter la loi, sans être influencé par quoi que ce soit, ni qui que ce soit, parce que c'était une affaire très sensible. Si le juge n'est pas impartial dans une telle affaire, il ne peut garantir que la loi sera appliquée. Je voulais avant tout un procès équitable.

De quel type d"influence" parlez-vous?

RizgarDes influences politiques. En tant que juge, je ne me pose pas la question de savoir qui est la personne en face de moi. On m'a confié une affaire. J'ai voulu découvrir la vérité et rendre un jugement indépendant des influences extérieures. Bien sûr, le tribunal a été instauré à la suite des grands changements politiques en Irak, mais je ne m'attendais pas à des réactions aussi extrêmes de la part du gouvernement et du public.

Qu'avez-vous pensé de l'attitude de Saddam Hussein au tribunal? L'avez-vous vu avant le début du procès?

Il était normal, comme toute personne face à un tribunal. Il a écouté les accusations et a essayé de trouver des excuses pour justifier ses actes. Je n'avais aucune raison de le voir en dehors du tribunal. J'ai envoyé le procureur général vérifier ses conditions de détention. Je voulais m'assurer qu'il était traité conformément à la convention internationale des droits de l'homme.

Vous connaissez le proverbe kurde: "un lion dans la forêt est un lion en cage". Saddam Hussein était-il un lion en cage?

Il était fort. Vu son passé, je m'attendais à ce qu'il soit fort. Mais les juges ne doivent pas laisser place à leurs sentiments personnels quand ils doivent décider du sort d'un individu. Ce serait très dangereux.

Pourquoi avez-vous ouvert le procès de Saddam Hussein par l'affaire d'Al Dujail, considérée comme mineure par certains?

Les personnes chargées de l'enquête avaient choisi de commencer par l'affaire d'Al Dujail. Nous n'avons pas interféré. Ce n'était pas à moi de décider. Je sais bien qu'il y a une différence de niveau de gravité (avec l'affaire d'Anfal, par exemple), mais ce n'est pas à moi d'en décider.

Pensez-vous qu'il puisse y avoir un procès équitable de l'affaire de Halabja sans Saddam Hussein?

Oui, avec les autres accusés, le procès peut être équitable.

Bénéficiez-vous d'une protection spéciale avec des gardes du corps?

En tant que musulman, je crois que c'est à Dieu de décider de la fin de ma vie.

Pourquoi avez-vous démissionné?

Je ne peux pas répondre à cette question à ce jour. A l'avenir, si j'en ai l'occasion, je le dirai.

(The Middle East magazine, October 2007. New African, Automne 2007)

 

 

 

 

 

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