CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

www.Chris-Kutschera.com


QATAR: La Terre Oubliée de Dieu

Sommaire

AFRIQUE

AMERIQUE

ASIE

EUROPE

FRANCE

KURDISTAN

MOYEN-ORIENT

ARCHIVES PHOTOS

La gare de Kirievo

Galerie Photos

 

Façades des tours de Shibam au-dessus de l'oasis

Shibam, Yemen

 

Médecine traditionnelle, Chine

Construction d'un moudhif

Marais d'Irak

Chérif Ali, prétendant au trône

Cherif Ali, Irak

Guide Littéraire

 

Livre Noir

 

MNK

 

"La terre oubliée de Dieu!" C'est ainsi que pendant longtemps les Arabes ont appelé Qatar. Le mot ne pouvait êtrecheikh Khalifah plus juste: pas un seul trait de relief, pas une oasis ne vient briser la monotonie de cette péninsule désespérément plate, nue, désertique, de 140 km de long sur 60 km de large, qui fait saillie en plein nord sur la rive arabe du Golfe Persique. Ses côtes, hérissées de récifs et de coraux, sont dépourvues de tout port naturel, et peu hospitalières.

On comprend que Qatar soit longtemps resté à l'écart des grands courants de la civilisation. Les navires qui reliaient la Méspotamie à l'Indus ou à l'Egypte semblent l'avoir évité, et préféré faire escale à Bahrain ou à Abou Dhabi, où abondent les vestiges des civilisations sumérienne et grecque. Et pendant des siècle, Qatar a été aussi oublié des hommes que de Dieu. Seules, de temps en temps, des tribus nomades venues des confins de l'Arabie y faisaient paître leurs chameaux avant de redisparaître dans le néant.

La péninsule de Qatar ne fait son apparition sur les catrtes européennes qu'au 19eme siècle. L'explorateur danois Niehbur la mentionne dans sa 'Description de l'Arabie', publiée en 1780, mais il faut attendre 1822 pour qu'un Européen débarque à Qatar, et ce n'est qu'en 1904 que Hermann Burchardt traverse la péninsule de part en part. En 1923, la côte ouest de Qatar était encore indiquée en pointillé sur les cartes...

L'histoire proprement dite ne commence à Qatar qu'à la fin du 18eme siècle, avec la migration des tribus bédouines du Hasa vers Qatar. C'est à cette époque qu'émigra la famille des Al-Thani - la famille actuellement au pouvoir à Qatar - qui appartient à la tribu des Beni Temim, l'une des tribus les plus célèbres de l'Arabie Saoudite, originaire de l'oasis d'Ibrin, à environ 200 km au sud-ouest de Qatar.

C'est à la même époque qu'émigrèrent les tribus bédouines des Bani Hajir et des Na'im, qui s'installèrent sur la côte est, et c'est en 1766 que s'installèrent à Zubara, au nord-ouest de Qatar,
les Al-Khalifah, branche de la tribu des Utub, de Koweit, tandis qu'une seconde branche, celle des Al-Jalahimah, s'installait un peu plus au nord, à Ruwais, et que la troisième, celle des Al-Sabah, restait à Koweit,où elle est encore au pouvoir!

Grands marins, grands commerçnts, les Al-Khalifah allaient, en acquérant virtuellement le monopole des bancs d'huîtres perlières des côtes de Qatar et de Bahrain, faire de Zubara une des villes les plus prospères du Golfe, d'où ils allaient se lancer, en 1783, avec l'aide des Al-Jalahimah, à la conquêt de Bahrain, où ils sont encore au pouvoir.

Peu de temps après la conquête de Bahrain, le clan des Al-Jahalimah, mécontent dupartage du butin, allait se retirer, sous la conduite du cheikh Rahma bin Jabir, dans son repaire de Khaur Hassan, au nord de Zubara, qui devint bientôt lepoint de ralliement de tous ceux qui nourissaient un grief quelconque contre les Al-Khalifah, ou tout simplement voulaient vivre de rapines.

Vouant une haine mortelle à ses anciens associés, Rahma bin Jabir allait écumer le Golfe pendant plus de 40 ans, contribuant, avec les Qawasim de Ras-al-Khaimah et de Charjah, à faire baptiser la rive arabe du Golfe du nom de 'côte des pirates'. "Maigre, efflanqué, couvert de cicatrices et de balafres, " Rahma bin Jabir était, d'après un Européen qui eut le privilège de le rencontrer, "naturellement féroce et monstrueux, et la perte d'un oeil le rendait encore plus farouche..."

En 1809, Rahma fit le plus grand coup de sa carrière, en s'emparant de 20 navires koweitiens dont il massacra Doa, la placel'équipage et les passagers jusqu'au dernier homme, dont un des fils de l'Emir de Koweit. Rahma mourra en 1826 aussi héroïquement qu'il vécut: complètement aveugle, âgé de près de 70 ans, il se fit conduire à la soute aux poudres par son fils de 8 ans, et fit sauter son navire au moment où il allait être capturé par ses adversaires!

La Grande-Bretagne, soucieuse de protéger son commerce avec les Indes, avait déja entrepris de pacifier le Golfe (le premier 'traité avec les tribus arabes' date de 1820, la première trêve maritime allait être signée en 1835, une "trêve de dix ans' en 1843, et le 'traité de paix maritime perpétuelle' en 1853), mais Rahma bin Jabir avait toujours refusé de signer un traité, et Qatar allait en fait, à la différence des autres Emirats, rester en dehors du complexe de traités conclus par la Grande-Bretagne avec les autres Emirats, connu sous le nom de 'Trucial System. ' (Ce n'est qu'en 1916, après la défaite des Turcs, que l'Emir Abdallah bin Jassem Al-Thani allait signer le traité qui lia Qatar à l'Angleterre jusqu'à la proclamation de l'indépendace en septembre 1971.)

Les hostilités entre Qatar et Bahrain allaient se poursuivre pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle, et ce n'est qu'après 1850 que la famille des Al-Thani réussira, sous la conduite de Mohammed Al-Thani, fondateur de la dynastie actuelle, et de son fils Jassem, à affirmer sa prééminence sur les aures cheikhs de Qatar, et à secouer définitivement les derniers vestiges de la tutelle de Bahrain.

L'Attrait du Pétrole

Le chapitre de la piraterie héroïque était définitivement clos, et les habitants de Qatar allaient désormais mener une vie des plus paisibles, axée sur la pêche des huîtres perlières jusqu'àla Seconde Guerre mondiale. Il n'y avait en 1948 - un an avant le chargement du premier pétrolier à Oumm Said - que 18.000 à 20.000 habitants à Qatar.

Doha, la capitale, était alors une bourgade endormie, qui avait la réputation d'être un des endroits les plus mornes de l'Arabie! Le pétrole devait attirer de nombreux immigrats: Arabes de Palestine et de Jordanie, Pakistanais et Indiens, et la population est estimée aiujourd'hui à quelque 120.000 habitants, dont la plus grande partie vit à Doha. Un port aété construit devant le palais de l'Emir, et de nombreuses fermes - autant d'oasis de verdure au milieu du désert - permettent à Qatar de subvenir à ses besoins et même d'exporter fruits et légumes dans le reste du Golfe, ce qui est plus qu'un exploit si l'on se souvient que la première ferme expérimentale a été créée dans ce pays désertique en 1963.

En 1956, l'Emirat de Qatar ouvrait ses 17 premières écoles primaires gouvernementales gratuites, qui accueillaient 1.400 élèves. II y a aujourd'hui 39 écoles primaires de garçons, et autant de filles, avec un nombre total d'élèves de 15.992. Le nombre des élèves des écoles secondaire est d'environ 5.000. Un habitant sur 6 de Qatar va donc à l'école. Une 'université du Golfe' doit être ouverte incessamment à Doha.

A Oumm Said, à une vingtaine de km au sud de Doha, une ville industrielle est en train d'émerger au milieu des sables, avec une usine d'engrais de 23million de livres sterling et une minoterie d'un milion de sterling, à côté du terminal pétrolier. On affirme à Qatar la volonté de vouloir procéder par étapes, graduellement, sans 's'emballer' comme certains autres Emirats voisins que l'on ne nomme pas...

Etat Bicéphale

perlesMais les transformations gigantesques qui ont rendu cet Emirat méconnaissable en dix ans ne pouvaient pas ne pas avoir de profondes répercussions politiques et sociales - et c'est ce qui exlique ce qu'on appelle à l'étranger le 'coup d'Etat' du 22 février (1972), et à Qatar les 'élections générales par consensus'.

Ce coup d'Etat 'à blanc' qui vit le cheikh Khalifah bin Hamed, Premier Ministre et 'Emir-adjoint' de Qatar destituer son cousin le cheikh Ahmed ben Ali Al-Thani, Emir de Qatar, ne fit en fait que rendre le pouvoir à la branche légitime. En effet, le cheikh Hamed étant mort prématurément en 1946, alors que son fils et héritier, le cheikh Khalifah était encore trop jeune pour prendre sa succession, c'est le cheikh Ali, frère de Hamed, qui devint Emir de Qatar. Il était entendu au sein de la famille Al-Thani qu'il ne s'agissait que d'une espèce de régence, et qu'à sa mort le pouvoir reviendrait au cheikh Khalifah. Mais le cbeikh Ali abdiqua en 1960 en faisant monter son fils, le cheih Ahmed, sur le trône.

On comprend que les relations entre le cheikh Ahmed et le cheikh Khalifah n'aient jamis été très chaleureuses. On peut ajouter que cet interlude dynastique n'a pas été très heureux pour Qatar. Traditionaliste et conservateur, indolent aussi, le cheikh Ali n'allait pas faire profiter son pays des revenus apportés par le pétrole, qui fit son apparitin à Qatar en 1949. Son fils, le cheikh Ahmed, n'allait guère faire mieux. Passant la plus grande partie de son temps à l'étranger, il ne venait plus à Qatar que pour le mois du Ramadan, et c'était son cousin, le cheikhKhalifah, qui gouvernait virtuellement le pays, en tant que Premier Ministre et 'Emir-adjoint', en vertu d'une constitution provisoire promulguée en avril 1970. Qatar était pratiquement un Etat bicéphale, avec tous les inconvénients que cela comporte.

Désormais libre d'agir à son gré, cheikh Khalifah a annoncé son intention de "procéder immédiatement à un certain nombre de réformes trop longtemps ajournées" et à une "distribution plus équitable de la richesse nationale", notamment en transférant à l'Etat la part des revenus pétroliers de Qatar allouée au cheikh Ahmed, ce qui n'est pas négligeable quand on sait qu'en vertu de la régle des quatre quarts 25 pourcent des revenus pétroliers de l'Emirat alliaient à la bourse privée de l'Emir, un autre quart servant à financer les projets de développement, un troisième quart allant aux cheikhs de la famille Al-Thani, et le dernier quart à un fonds de réserve.

Le buget de Qatar, qui n'était que de 20 million de livres sterling cette année, devrait donc être notablement plus important l'année prochaine. Ayant promis le soir du 22 février "d'écarter les éléments qui ont empêché le progrès et la modernisaton du pays" et de prendre un certain nombre de "mesures pour moderniser l'Etat et créer un sentiment de coopération et de fraternité entre les autorités et le peuple", le cheikh Khalifah est aussi décidé à agir vite, comme le montre la réunion, moins de deux mois après le coup d'Etat de février, de l'Assemblée consultative, composée de 20 membres choisis par le nouvel Emir. La constitution prévoit leur élection par les citoyens de Qatar, mais il s'agit là d'une telle révolution dans les moeurs que le cheikh Khalifah a jugé préférable de passer par une "période de transition, qui devrait durer seulement un an, normalement, mais pourrait être prolongée, si nécessaire."

Traditionalisme

Il ne faut pas oublier que Qatar est en quelque sorte un appendice de l'Arabie Saoudite, et constitue un des derniers bastions du Wahabisme, le courant le plus puritain et le plus traditionaliste de l'Islam. Il faut aussi réaliser que Qatar avait encore, il y a moins de dix ans, la réputation d'être l'un des endroits les plus mornes de la terre... et lorsque la télévision fit son apparition à Qatar il y a un peu moins de trois ans, les chefs religieux prononcèrent des discours véhéments dans les mosquées, fulminant contre ces "étrangers dangereux qui voulaient détruire la société musulmane." Ils allèrent même voir le cheikh Khalifah avec l'espoir de le faire revenir sur sa décision d'autoriser l'ouverture d'une station de télévision. Mais le cheikh Khalifah leur fit remarquer que c'était là un progrès inévitable, qu'après tout les habitants de Qatar pouvaient de toute façon recevoir les émissions des autres Emirats sur leurs postes, et qu'il valait donc mieux avoir une télévision à soi, dont on contrôlait lesprogrammes.

'Un Grand Pas en Avant'

Un des conseillers étrangers de cheikh Khalifah qui jouent encore un rôle crucial en attendant que la 'qatarisation' des cadres soit effective, fait remarquer: "Le nouvel Emir joue un rôle de balancier entre les éléments conservateurs et traditionalistes, peu nombreux mais très influents, et les éléments progressistes, beaucoup plus nombreux, mais beaucoup moins influents..." comme les quekque 400 étudiants qataris qui sont en train de terminer leurs études à l'étranger. Le cheikh Khalifah, qui a déposé son cousin avec la 'moubaya', ou consensus de la famille Al-Thani, certes, n'en doit pas moins agir avec une certaine prudence, et ne pas négliger le poids d'une famille qui compterait, dit-on, 700 cheikhs, ni l'influence de chefs religieux dont le prestige n'est pas toujours fonction du poste officiel qu'ils occupent ni de leur jeunesse. Tout cela amène le cheikh Khalifah à estimer que les réformes qu'iil vient de faire constituent "un grand pas en avant, si l'on tient compte du traditionalisme local."

Ouverture sur le Monde

S'il est un domaine où le cheikh Khalifah est bien libre d'agir à sa guise, c'est celui de la politique étrangère. Il est caractéristique de l'ancien Emir que l'indépendance de Qatar ait été proclamée à... Genève, le 3 septembre dernier (1971), et pendant des mois l'indépendance de Qatar resta un fait abstrait, l'Emir n'envoyant pas d'ambassadeurs à l'étranger, la Grande-Bretagne étant pratiquement la seule à ouvrir une ambassade à Doha (en changeant le statut de son ex-'agence politique'.

L'arrivée au pouvoir de cheikh Khalifah devait entraîner une intense activité diplomatique avecla nomination de dix ambassadeurs de Qatar à l'étranger, et la présentation des lettres de créance des ambassadeurs des Etats-Unis, d'Italie, de France et d'Inde. L'Arabie saoudite, l'Egypte et l'Irak ont également ouvert une ambassade à Doha.

Mais c'est dns le Golfe que cheikh Khalifah entend concentrer son action, et il ne désespère pas de faire revivre la 'grande fédération' des Emirats arabes qui a éclaté avec la proclamation de l'inépendance de Bahrain et de Qatar. Le nouvel Emir préfère cependant éviter toute question sur ce sujet, en déclarant qu'il "vaut mieux ne pas évoquer les raisons de l'échec de la fédération, pour ne pas compromettre les chances d'arriver à la remettre sur pied".

En fait, personne n'ignore que le moment n'est pas particulièrement propice à une reprise des discussions entre Qatar et l'Union des Emirats Arabes' (Abou Dhabi, Dubai, Charjah, Ajman, Oumm al Qiwain, Ras al Khaimah et Foudairah) étant donné les liens particuliers qui unissent l'ancien Emir à l'Emirat de Dubai (le cheikh Ahmed a épousé la fille de Cheikh Rachid de Dubai.)

Les Préjugés

Le Cheikh Khalifah avait craint, lors de son coup de février, que les Cheikhs de l'Union ne réagissent de la même façon que lors de la tentative de coup d'Etat de Charjah, en envoyant leurs forces pour remettre au pouvoir l'Emir Ahmed, ou pire encore, son fils le Cheikh Abdoul-Aziz. C'est pour parer à cette éventualité, dit-on, que les Saoudiens avaient massé , à la requête du cheikh Khalifah, plusieurs milliers d'hommes à la frontière entre l'Arabie saoudite et Qatar, où ils se tenaient prêts à intervenir en cas de besoin. (Ces concentrations de troupes furent observées avec une certaine inquiétude à Abou Dhabi, où l'on se demanda, au début, qui était visé.)

On peut cependant espérer que ces considérations de personnes s'estomperont avec le temps, et que les discussions sur la fédération pourront reprendre dans un proche futur. Qatar et Bahrain ont toujours jugé les Emirats de la côte d'Oman (ex-côte des Pirates, ex-côte de la Trêve) avec une certaine condescendance, ne cachant pas leur mépris pour les 'Bédouins' d'Abou Dhabi et des autres Emirats. L'ouverture de la route Doha-Abou Dhabi et ledéveloppment des échanges entre Qatar et les autres Emirats (malgré leur proximité, très peu de Qatris sont allés à Abou Dhabi et dans les autres Emirats) devraient contriber à effacer des préjugés, et permettre de reprendre les négociations sur une fédération dont la constitution serait peut-être moins ambitieuse, en particulier en ne demandant pas aux Cheikhs de renoncer à une part aussi importante de leur souveraineté comme le pévoit le projet très 'fédéraliste' dont Qatar s'était fait l'ardent défenseur.

Qatar et ses Richesses

"Nous nous sommes contentés jusqu'à maintenant d'être des percepteurs - de toucher les redevances versées par les compagnies pétrolières opérant sur notre territoire," déclare Ali Jaidah, directeur du département des affaires pétrolières de Qatar, "mais maintenant, notre problème est de déterminer jusqu'à quel point nous allons nous-mêmes nous lancer dans l'industrie du pétrole, indépendamment, avec la part qui nous revient dans notre contrat avec les Japonais, et par l'intermédiaire de l'OPEC, avec les fameux 20%."

"Nous voulons aussi intervenir à tous le niveaux de l'industrie, comme le montre la construction de l'usine d'engrais, dont nous détenons 63% des actions, et le projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel de Dukhan, et la construction d'une petite raffinerie de 6.000 barils par jour. Et c'est pour faire face à toutes ces tâches, et pour mener à bien notre politique de diversification de notre industrie que Cheikh Khalifah a fondé la "compagnie pétrolière nationale de Qatar" en avril dernier. La 'diversification' est à l'ordre du jour à Qatar.

Mais si le Cheikh Khalifah affirme sa volonté "de ne pas accepter la dépendance du seul pétrole", c'est probablement parce qu'il est conscient du fait que les réserves des gisements sont limitées dans le temps - 15 à 20 ans, dit-on - et de la gravité de l'hypothèque qui pèse sur un pays dont l'économie dépend à un tel point d'une seule industrie.

L' Or Noir

Découvert dès 1940 par 'Petroleum Development' (Qatar) , compagnie affiliée à l'Iraq Petroleum Company' (IPC), le pétrole ne fut exploité qu'après une longue interruption dûe à la Seconde Guerre mondiale, et ce n'est qu'en 1949 que le premier pétrolier chargé de pétrole qatari quitta le terminal d'Oumm Said au sud de Doha, à destination de l'Europe.

Qatar est aujourd'hui le 17° producteur de pétrole, avec un peu plus de 20 millions de tonnes par an, ce qui le situe loin derrière Koweit (144 millions de tonnes) et Abou Dhabi (44 MT) mais nettement devant Dubai (6,3 MT) et Bahrain (3,6 MT).

Trois compagnies opèrent actuellement à Qatar, la 'Qatar Petroleum Company', on-shore, 'Shell', off-shore, et la 'Qatar Oil Company', également off-sshore, compagnie japonaise qui n'en est qu'au stade de la production.

La 'QatarPetoleum Company' (QPC), connue jusqu'en 1953 sous le nom de 'Petroleum Development' (Qatar) est affiliée à l'IPC, et comme elle est possédée conjointement par la 'British Petroleuum' (23,75%), Shell (23,75%), la Compagnie Française des Pétroles (CFP) (23,75%), 'Mobil-Esso (23,75%) et Gulbenkian (5%).

Le pétrole extrait du gisement de Dukhan, qui s'étend sur une cinquantaine de km de long et 4 à 5 km de large à l'ouest de la péninsule de Qatar, est acheminé par un pipe-line de 100 km environ jusqu'au terminal d'Oumm Said, seul endroit de la côte où les pétroliers d'un certain tonnage (250.000 tonnes) peuvent mouiller.

(Jeune Afrique 1972)










postmaster@chris-kutschera.com

Droits de Reproduction strictement réservés © Chris Kutschera 2016

ENGLISH

 

 

 

AFRICA-ASIA

EUROPE

KURDISTAN

MIDDLE-EAST

 

 

 

Fahed, prince héritier, présidant le conseil des ministres

Le roi Fahed d'Arabie Saoudite

 

General Mohammed al Khouli

 

Vue plongeante sur la vallée du Tigre et le vieux pont de Hasankeyf

Hasankeyf, Turquie

 

L'homme en blanc rue du Soleil

Jerome Mesnager Paris

Défi Kurde

 

Mouvement

 

couv 40