CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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CHINE: Qui a peur des Ouigours?

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Soldats turcs empêchant les réfugiés kurdes irakiens de pénétrer en Turquie, 1991

Frontière turque

Ibrahim Rugova

Ibrahim Rugova

Tatiana Lebed dans sa boutique atelier

Tatiana Lebedev, Mode, Paris

Vue aérienne d'une plate-forme pétrolière

Pétrole, Ecosse

 Le monument est toujours là, derrière la mosquée Bleue d’Istamboul. Inauguré en janvier 1996, il célèbre les “martyrs du Turkestan oriental”, c’est à dire des nationalistes ouigours exécutés par les Chinois. Le ministère turcs des Affaires étrangères, soucieux de maintenir de bonnes relations avec Pékin, a tenté de le faire démolir. Mais pour l’instant, l’opinion publique a été la plus forte...

Erkin Alptekin est l’un des dirigeants du mouvement ouigour à Istamboul. Sa famille s’est enfuie du Xinjiang en Octobre 1949, à travers les montagnes. “Nos activités sont à peine tolérées par le gouvernement d’Ankara. Nous avons le droit de préserver notre culture. Mais pas de militer pour l’indépendance de notre ancienne patrie”. Le sujet a recouvré toute son actualité en 1991, quand les républiques soviétiques d’Asie centrale, turcophones elles aussi, ont accédé à la souveraineté.

Pourquoi le Xinjiang ne bénéficierait-il pas du même régime? Mais la Chine ne veut pas lâcher son Turkestan, au sous-sol incroyablement riche: pétrole, uranium. Une colonisation han intensive est en train de modifier la démographie de la région. Comme au Tibet voisin.

“Nous sommes très proches du Dalaï-Lama”, assure Erkin Alptekin. “Notre but n’est d’ailleurs pas d’établir un Etat musulman: nous tenons compte de l’existence de minorités boudhistes et chrétiennes au sein de notre peuple”. Alptekin fait partie d’un “Conseil des peuples d’Asie Centrale” où se retrouvent Ouigours, Mongols et Tibétains. Il se déclare pour une lutte “pacifique et non violente” contre les Chinois.

Mais sur place la guérilla a commencé: elle a fait plusieurs centaines de morts. Et il ne peut la désavouer, même s’il est pessimiste sur ses chances de succès. “Une guérilla ne peut réussir que si un pays voisin fournit une aide logistique. Ce n’est pas le cas. La Russie ne veut pas entrer en conflit avec la Chine. Le Kazakhstan non plus, bien qu’il soit turcophone. Le gouvernement kazakh a interdit l’année dernière un congrès culturel ouigour qui devait se tenir sur son territoire”.

A Ankara, la cause ouigoure dispose quand même d’un ami bien placé: Souleiman Demirel, le président de la République. Dans les années soixante, quand il était ministre des Affaires étrangères, il avait organisé l’installation de trois cent cinquante réfugiés du Xinjiang dans la région de Kayseri. Aujourd’hui il ne cache pas son intérêt pour une “renaissance de tous les peuples turcs”. Des Balkans au Pamir.

Mais il y a un autre ami, plus haut encore, en qui les Ouigours de Turquie veulent croire: les Etats-Unis. Ils s’intéressent de près à l’Asie Centrale depuis la désintégration de l’URSS. Le nationalisme ouigour peut être, dans cette perspective, un moyen de pression sur Pékin. Et Ankara est trop proche de Washington pour ne pas en tenir compte.

(Valeurs Actuelles, 25 avril 1998)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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