CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAN: La Deuxième Vie de Mohsen

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Mohsen et son ordinateurFils d’un officier de l’armée du Chah, Mohsen a été emballé par la Révolution islamique. Tout gamin, il a distribue des tracts et des cassettes de l’imam Khomeini. Et puis il a fait comme des centaines de milliers de jeunes Iraniens qui se sont portés volontaires pour combattre l’armée irakienne au début des années 1980. Tout juste sorti du collège, à 15 ans, il devient un "Bassij", un volontaire. Il a d’abord été affecté à une unité de radar, puis il é été téléphoniste. de cette époque il a gardé une photo sur laquelle on le voit en uniforme à côté d’un téléphone de campagne. Et enfin il a décidé d’être démineur. En toute connaissance de cause. "Les mines, c’était très dangereux, il y avait beaucoup d’accidents. Beaucoup de mes amis sont devenus infirmes en le faisant. C’est pour cette raison que je l’ai fait, pour que mes amis qui pouvaient être chefs ne perdent pas leur vie en neutralisant des mines". En 1983 Mohsen a été envoyé sur le front du Kurdistan iranien, dans les montagnes, à 80 kilomètres de Sanandaj, où il devait rechercher des mines dans la boue avec la pointe d’une baïonnette. Et ce qui devait arriver est arrivé: une mine a explosé entre ses mains au moment où il tentait de la désamorcer.

Mohsen a perdu les deux mains, et les deux yeux. Il avait 16 ans. Il a été traité pendant six mois en Allemagne. Après avoir subi plusieurs opérations, il pouvait se servir d’un de ses moignons comme d’une pince, et il pouvait prendre des cassettes de musique et les mettre dans un lecteur. Mais il était un grand infirme. Il vivait avec sa mère dans une petite maison d’une "cité des martyrs" où vivaient de grands mutilés de guerre et les familles de combattants tués au front. Et il terminait ses études secondaires dans un centre spécial pour aveugles, où il passait deux semaines par mois et essayait d’apprendre le Braille en le lisant avec... les orteils et les lèvres.

Première rencontre

Mosen avec sa familleNotre première rencontre, en 1986, avant la fin de la guerre entre l’Iran et l’Irak, avait été tendue. Mohsen était assez agressif. D’emblée, il avait dit ce qu’il pensait des Français: "Le meilleur ami de notre ennemi (l’Irak), c’est la France. Et nous ne pouvons pas oublier les Super-Etendards et les radars... Si vous écrivez vraiment sur moi, demandez à votre gouvernement pourquoi il vend des armes à l’Irak qui est notre ennemi? Est-ce qu’il ne pense pas que demain quand l’Irak aura perdu la guerre, la France devra rendre des comptes aux peuples irakien et iranien". Mohsen était très croyant, et il avait tapé pour nous ces quelques mots en Braille: "Dieu aide-nous à faire la guerre contre les agresseurs. Dieu, Dieu, jusqu’à la Révolution du Mahdi, garde Khomeini pour nous".

Mohsen n’avait pas de problème matériel. Il était pris en charge par l’Etat iranien, qui payait le loyer de sa maison, et lui versait une pension correspondant au salaire mensuel d’un fonctionnaire. Mais quand on voyait ce jeune infirme marcher dans le jardin de son centre d’un pas hésitant, ses moignons pendant le long du corps, on était pris d’une certaine angoisse en se demandant quel destin attendait ce très grand mutilé...

Près de 20 ans plus tard, nous avons retrouvé Mohsen. Il vit toujours à Téhéran. Mais sa vie est transformée. Il est marié et père de deux enfants de 15 et 12 ans. Il travaille dans un bureau de la fondation des mutilés de guerre, où il met au point des techniques informatiques pour infirmes. Il parle bien l’anglais. Et surtout, il est serein.

Le mariage de Mohsen

Mohsen et sa femme HauraMohsen nous reçoit chez lui, dans une cité du nord-est de Téhéran, dans la petite maison qui lui est fournie par la Fondation des Victimes de la guerre. Mohsen nous reçoit dans un salon donnant sur un petit jardin, meublé de divans et de fauteuils. Son fils Ali s’asseoit à côté de lui sur le divan, sa femme, Haura et sa fille Zahra, enveloppées dans des tchadors ne laissant voir que les yeux, sont assises à côté de nous. Au mur, une photo de l’imam Khomeini, encadré par deux photos d’adolescents: Mohsen, avant son accident, et le frère de Haura, tué au front.

Evidemment, nous voulons savoir comment Mohsen, ce grand infirme, a pu se marier avec une femme qui lui a donné de beaux enfants.

"Une de mes amies connaissait Haura, ma future femme", explique Mohsen. "Elle lui a parlé de moi, en lui disant que j’avais été gravement blessé au front. Vous savez, en Iran, nous sommes fiers de ceux qui sont allés se battre, et il y a beaucoup de jeunes filles qui veulent épouser un homme qui a été blessé comme cela au front". Haura est venue en visite 5 ou 6 fois chez Mohsen, qui vivait à l’époque avec sa mère, et... ils ont décidé de se marier.

Nous ne cachons pas notre étonnement à Haura -- pourquoi une jeune fille pouvait-elle souhaiter se marier avec un grand infirme -- et Haura nous explique ainsi ses motivations: "Pendant la guerre, les hommes se sont battus pour défendre leur pays. Ils ont été volontaires. C’était une guerre patriotique, mais il y avait d’autres facteurs, des facteurs spirituels: les gens se battaient pour la Révolution. Malheureusement je suis une fille, et je ne pouvais pas participer à la guerre. Des femmes allaient sur le champ de bataille comme infirmières, mais moi j’étais trop jeune. J’ai donc décidé de servir mon pays en rendant service à quelqu’un qui s’était sacrifié pour le pays, en partageant ces valeurs humaines, patriotiques et spirituelles. Je voulais rendre service à un homme qui avait perdu un membre, qui était handicapé. C’était mon devoir".

Le discours, très religieux, surprend. Haura parle un peu comme ces jeunes femmes chrétiennes qui entrent en couvent, s’unissant de façon mystique au Christ... Agée de 35-36 ans, comme Mohsen, Haura est née à Téhéran, dans une famille traditionnelle, dans un quartier traditionnel, proche d’un sanctuaire chiite. Elle a deux soeurs, et elle a perdu son frère, le fils unique de la famille, tombé au front en 1981, au tout début de la guerre. Après le lycée, Haura a fait deux ans d’études pour devenir sage-femme. Mais après la naissance d’Ali, son fils aîné, elle a fait quatre ans d’études de théologie, dans une université très religieuse de Téhéran.

Nous posons une question très directe à Haura: Quand elle était jeune fille, elle rêvait d’épouser un Basij, blessé au front. Mais rêvait-elle aussi de faire un mariage d’amour?

"Le mariage d’amour existe aussi chez nous", répond Haura. "Et je respecte les gens qui font un tel mariage. Les gens peuvent tomber amouraux, c’est tout à fait normal, mais après deux ans, les problèmes arrivent...Mais moi j’avais décidé qu’il fallait que je serve Dieu, et que ma vie avait un but divin. J’ai offert mon corps et mon âme a Dieu, de cette façon je ne regrette rien, et maintenant je suis entièrement satisfaite.Cet amour spirituel est un peu différent avec l’amour qu’on peut trouver entre les gens, pour moi, c’est beaucoup plus joyeux".

Comme nous faisons remarquer à Haura que l’on peut voir qu’elle a étudié la théologie, elle répond du tac au tac: "Oui, mais j’ai épousé Mohsen avant d’étudier la théologie"!

Mohsen raconte comment ils ont célébré leur mariage, chez les parents de Haura, et il dit qu’évidemment, après son accident, il n’aurait jamais imaginé qu’il pourrait se marier un jour. "Tout le monde se marie, ajoute Mohsen, mais pour moi c’était différent, je ne peux pas l’expliquer".

Haura intervient pour raconter que "la nuit de notre mariage, nous avons décidé de prier ensemble. C’était très important pour nous de commencer notre vie commune avec une prière. Pour nous, les relations avec les saints chiites sont très importantes, nous avons donc décidé de commencer notre vie commune en demandant aux saints imams chiites de toujours garder nos relations avec nous".

Ali et Zahra

Assis près de son père, Ali, un grand garçon de 15 ans très souriant, le couve des yeux et déborde manifestement d’amour pour son père, ce héros. Mohsen ne cache pas que la naissance de ses enfants a été pour lui un évènement extraordinaire. "La naissance d’Ali a été pour moi un jour extraordinaire... Et la naissance de Zahra a été pour moi un jour inoubliable", dit-il. "Je les aime tous les deux, mais il y a une différence entre un garçon et une fille: la fille a un comportement particulier, parfois un père trouve que sa fille l’aime plus, qu’elle fait plus attention à son père. Mais j’aime beaucoup Ali"...

Ali est un garçon qui a les goûts de tous les garçons de son âge: il aime le karate, le foot, et la natation. Il veut devenir ingénieur électronicien. Il passe des heures sur l’ordinateur familial, et il est l’assistant technique de son père. Très intimidée par ces journalistes étrangers qui ont envahi sa maison, Zahra ose à peine parler. Elle aussi aime le sport, et le karate. Et comme sa mère, elle aime peindre des paysages.

Nous demandons à Ali et Zahra s’ils sont fiers de leur père? Ali, qui comprend suffisamment l’anglais pour suivre la conversation, répond immédiatement "Je suis fier de mon père"... Zahra, à laquelle nous demandons si elle est fière de son père, ou si elle a honte de lui, répond: "Je suis plus heureuse que les autres filles"!

La tentation du suicide?

Ce bonheur indéniable de Mohsen et sa famille nous permet de poser des questions difficiles que nous n’avions pas osé lui poser quand nous l’avons vu la première fois, il y a près de 20 ans: "Quel a été le moment le plus difficile après votre accident? Avez-vous parfois perdu espoir?"

Mohsen répond: "Je suis allé au front parce que je l’ai voulu, personne ne m’a forcé. Et je me suis battu contre l’ennemi, mais pas contre n’importe quel ennemi, contre Saddam, contre l’Amérique, contre Israel, je me suis battu contre Satan, contre les forces de Satan... Et c’était un plaisir pour moi, et j’ai été content d’être blessé dans cette guerre"!

Content d’être blessé?

"Oui, en fait... Cette espèce de vie était très difficile: je ne pouvais pas voir, je ne pouvais rien toucher, je ne pouvais pas marcher; à cette époque j’avais 15-16 ans, c’était très difficile pour un jeune. Mais j’ai réfléchi, je me suis battu avec les problèmes, je me suis demandé: "Pourquoi ai-je survécu? Pourquoi ne suis-je pas mort?"

Et Mohsen raconte une rencontre avec Peter, un Hollandais, dans un avion, en allant à Meched, 3 ou 4 mois après la naissance d’Ali. Constatant que Mohsen pouvait parler anglais, Peter lui a demandé comment il avait pu aller au front si jeune. "Si vous aviez eu 15 ans quand les Allemands ont envahi votre pays, qu’auriez vous fait", réplique Mohsen, "vous seriez-vous engagé dans la résistance contre les Nazis"? Et comme Peter répond par l’affirmative, Mohsen ajoute: "Alors pourquoi pas moi"! Son compagnon de voyage lui a alors demandé comment il avait pu survivre à de si terribles blessures. "Je lui ai dit que les premiers jours je me posais sans cesse ces questions: "Pourquoi ai-je eu cet accident? Pour quelle raison? Pourquoi suis-je encore en vie?" Et j’ai compris qu’il y avait une raison -- si quelqu’un vit ou si quelqu’un meurt, tout l’univers est sous le commandement de Dieu. Je veux que vous pensiez à cela: Pourquoi Mohsen vit-il sans être triste? J’aime ma vie, je profite de ma vie. Je ne pense jamais que je suis un homme blessé, un aveugle. je pense que Dieu veille sur moi".

Nous insistons: "Avez-vous parfois été tenté de vous suicider? Avez-vous été tellement désespéré que vous étiez tenté de vous tuer?"

"Jamais", répond Mohsen, J’ai eu de la chance, j’étais très heureux. Et maintenant, après toutes ces années, je suis très heureux, très chanceux.".

Les problèmes de Mohsen

Et Mohsen continue en faisant allusion au fait que, même en Iran où l’Etat continue pourtant de prendre soin de ses anciens combattants, et particulièrement des mutilés, les victimes de la guerre n’ont peut-être plus droit à la même reconnaissance que pendant les premières années: "A cette époque, les gens faisaient plus attention à moi, et à mes amis", dit Mohsen. "Vous savez, au début de la guerre, dans de nombreux pays, les gens font plus attention aux blessés de guerre. Mais peu à peu, certains oublient. Pour moi, c’est plus difficile aujourd’hui qu’au début, quoique je sois très heureux, parce je suis plus vieux, j’ai de nombreux problèmes, j’ai deux enfants, je dois résoudre les problèmes de l’existence -- je devrais gagner de l’argent...

Mais aujourd’hui je suis très heureux, et je n’ai jamais été une personne qui désespère, jamais je n’ai pensé me tuer...

Mohsen raconte que lorsqu’il est allé au front, à 15 ans, il venait de terminer le collège. Après avoir été blessé, il a repris ses études, allant au lycée, puis à l’université de l’imam Sadegh, une université religieuse de Téhéran, où il fit un mastère de philosophie islamique. Mohsen a voulu poursuivre ses études, et faire un doctorat, mais il se heurta à la nécessité de passer un concours, impossible pour un aveugle comme lui.

Il a appris l’anglais -- essentiellement en écoutant les émissions de la Voix de l’Amérique pour débutants, des émissions en "anglais spécial", réalisées avec un langage assez simple. Et il

s’est consacré à la recherche de techniques pour mettre les ordinateurs et internet à la portée d’infirmes comme lui, en utilisant des logiciels de synthèse vocale, qui lisent le texte sur l’écran de l’ordinateur, et en mettant au point des touches de hauteurs différentes pour permettre à un handicapé de frapper sur le clavier de l’ordinateur...

"Je voulais étudier", explique Mohsen, mais je n’avais pas accès aux livres par moi-même, et j’avais toujours besoin de l’aide de quelqu’un d’autre. Je n’aimais pas ça, je n’aimais pas dépendre de quelqu’un, je voulais marcher tout seul... Je voulais aussi faire quelque chose pour mes amis aveugles. Si quelqu’un veut quelque chose, il peut le faire. Les ordinateurs étaient étranges pour moi. Je ne pouvais pas imaginer qu’un jour, je pourrais travailler sur un ordinateur"!

"Aujourd’hui, je travaille sur un ordinateur, du matin au soir. Je m’exerce sur un ordinateur, je résouds des problèmes, je travaille avec des logiciels. Mon problème, c’est que certains logiciels ne sont pas disponibles en Iran"... Grâce à internet, et grâce à sa connaissance de l’anglais, et de l’arabe, qu’il a aussi appris pendant ces années, Mohsen est à l’écoute du monde. Mais il n’utilise pas la messagerie -- "J’ai trop peur, dit-il, des virus".

Mohsen et la politique

Mohsen aime toujours aussi passionnément la politique. Et sans cesse il ramène la conversation à la politique. Mais quand on lui demande s’il est satisfait du bilan d’une République islamique d’Iran pour laquelle il a presque donné sa vie, il reste circonspect:

"Je crois que nous avons eu quelques victoires, et dans certains cas nous avons perdu. Je sais que nous avons des problèmes en Iran: les gens aiment pouvoir se procurer les produits de consommation à bas prix. Nous avions de nombreuses idées pour le monde, pour notre pays, mais l’ennemi, l’impérialisme, ne nous a pas laissé les réaliser. Nous avons aussi des problèmes culturels. Malheureusement il y a des gens qui ne comprennent pas notre culture, nos croyances, notre religion -- ils ne regardent qu’à l’étranger, ils ont les yeux braqués sur l’Europe, sur l’Amérique. Nombre de nos problèmes sont des problèmes importés".

Quand on lui demande si vraiment c’est la seule raison, si l’Iran n’a pas aussi des problèmes internes, Mohsen répond: "Evidemment, je ne peux pas fermer mes yeux sur tout dans mon pays et dire: "Tous nos problèmes proviennent des pays étrangers". Ce n’est pas vrai. Je sais que nous avons de nombreux problèmes, nous avons des problèmes de management, de culture, nous avons des problèmes avec nos moullahs. ils devraient travailler plus pour résoudre nos problèmes. Mais nous ne pourrons pas résoudre nos problèmes si l’ennemi ne nous laisse pas"...

Et Mohsen pose une question à propos du programme nucléaire iranien: "Je n’aime pas le nucléaire, je suis contre, je ne veux pas que mon pays en ait... mais pourquoi 5 ou 6 pays, les USA, la Grande-Bretagne, La Russie, etc auraient le nucléaire, et pourquoi pas nous? C’est une question importante, et personne ne peut répondre".

Mohsen et sa famille

Nous revenons à la vie familiale de Mohsen. Quels sont ses loisirs? Comment aime-t-il se distraire?

"Je travaille sur l’ordinateur... et je joue avec mes enfants. J’aime jouer avec eux. Je regarde la télévision avec eux, et je regarde des programmes pour les enfants -- des dessins animés. Savez-vous pourquoi? Parce que je peux m’asseoir à côté de mes enfants -- ce qui est important pour moi, c’est d’être assis à côté d’eux, pas de regarder la télévision.

Manifestement, Mohsen n’a pas beaucoup d’argent pour partir en vacances avec sa famille, mais de temps en temps ils vont à Meched, ou dans le nord de l’Iran. Quelle est la personne de la famille qui sait le mieux décrire le paysage à Mohsen quand ils partent en voyage? "Vous voulez semer la zizanie dans la famille", répond Mohsen en riant, ajoutant: "Cela dépend de la situation. Quelque fois Ali explique très bien... Quelque fois c’est Zahra, quelque fois c’est Haura. Mais pour les détails, Zahra est très bonne, elle est meilleure qu’Ali".

Il se fait tard. Nous disons au revoir à Mohsen et à sa famille. Mohsen a un message à transmettre: "Quand vous rentrez chez vous, dites la vérité: Nous ne sommes pas mauvais, nous sommes comme vous, nous travaillons, nous mangeons, nous pensons, nous avons notre culture. Quelque fois certains détails ne sont pas bons, mais nous y croyons. Nous voulons que vous disiez a votre peuple qu’en Iran il y a des gens qui sont allés se battre au front non pas parce qu’ils aimaient se battre, ni parce qu’il voulaient occuper un autre pays, mais parce qu’ils voulaient libérer leur pays".

"Pourquoi un homme peut-il vivre, sans mains, sans voir, avec une vie aussi difficile? Et pourquoi est-il très heureux, ne pensant pas à se tuer? Pourquoi Mohsen est-il encore en vie 21 ans après avoir été blessé, et pourquoi est-il très heureux"? Je loue Dieu, je prie Dieu, qui m’a conseillé d’aller au front, et qui m’a donné cette vie. Si l’islam permet à un homme de vivre avec ce problème, et de penser qu’il est heureux, qu’il a de la chance, que pensez-vous de cette religion"?

(Al Wasat, 13 décembre 2004)

 

 

 

 

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