Bolchie Atchasere, un village tatar de Russie

ou le Temps suspendu


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Kirievo, un simple arret du train pendant quelques secondes au milieu de nulle part:

pas de quai, pas de gare, un simple remblai dominant l'immense plaine enneigée.

A 4 kilomètres de la voie ferrée, Boltchie Atchasere, village tatar de mille habitants, hiverne, enfoui sous la neige.

Seules les sorties de l'école ou de la garderie des tout petits animent les rues du village quelques minutes par jour.

L'hiver est rude, les gens se calfeutrent dans leurs isbas en bois peintes de couleurs vives.

Les 800 vaches du kolkhoze sont à l'étable.

La fin de l'ère soviétique n'a pas apporté de grand bouleversement dans la vie quotidienne. A signaler, cependant, quelques nouveautés: la reconstruction d'une des deux mosquées du village rasées au début de la Révolution. Elle attire quelques dizaines de fidèles le vendredi. Le chauffage au gaz a été installé dans toutes les isbas, et les premiers ordinateurs ont fait leur apparition à l'école du village. Sinon, la vie continue, comme avant. Le portrait de Lénine est toujours en bonne place dans le bureau du directeur du kolkhoze, ses secrétaires végètent au milieu de dossiers jaunis, et faute de moyens le théâtre de 400 places ne donne plus de spectacles. Les jeunes ne pensent qu'à partir à la ville, le temps est vraiment devenu trop immobile à leur gré à Boltchie Atchasere.