CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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Les Kurdes à l'épreuve de Daech

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Quels sont les facteurs qui ont participé au retournement du sort des Kurdes, passés en quelques années du statut de victimes oubliées de l’histoire, à celui d’acteurs essentiels dans le combat contre Dcesh??

missile milanL’histoire des Kurdes est riche en rebondissements. A certains moments de l’histoire leur situation est tragique, sans espoir. A d’autres, ils bénéficient d’un rebond extraordinaire. A la fin des années 80, par exemple, la situation des Kurdes irakiens était dramatique, avec le bombardement chimique par Saddam Hussein de la ville kurde de Halabja. Puis, le 2 août 1990, Saddam Hussein fait la folie d’envahir le Koweït et du jour au lendemain, la situation des Kurdes est transformée. Ils sont alors courtisés par toutes les puissances. Tous les Kurdes disent alors «?Merci Saddam?».

Aujourd’hui l’homme à abattre ce n’est plus Saddam Hussein, c’est l’Etats islamique/Daech. Presque tous les experts reconnaissent que pour venir à bout de l’Etat islamique, il ne suffit pas d’orchestrer des campagnes de bombardements. Il faut aussi des troupes au sol et les volontaires ne sont pas légion. On cite volontiers les Kurdes qui ont la réputation d’être parmi les meilleurs combattants du Moyen-Orient. Ils l’ont prouvé face à l’armée irakienne. Ils le prouvent encore aujourd’hui.

Sont-ils toujours d’aussi bons combattants qu’autrefois ?

Depuis l’autonomie acquise en 2003, au Kurdistan irakien, les combattants kurdes, les Pechmergas ont pris du ventre. La corruption de certains de leurs chefs, et leur népotisme se sont manifestés de façon dramatique en août 2014, lorsque Daech a pris la ville kurde de Sinjar. Les militaires kurdes, supposés défendre la ville, ont fui sans tirer une seule balle. Pour Massoud Barzani, le leader kurde, président du gouvernement régional du Kurdistan en Irak et chef du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) depuis 1979, cela a représenté un coup terrible. Son prestige personnel était en jeu. Il a limogé les chefs des Pechmergas, et nommé une nouvelle équipe. Mais le problème fondamental reste que les Pechmergas d’aujourd’hui ne sont plus les combattants courageux d’hier. Ils avaient la réputation d’être des combattants redoutables, ce sont désormais des fonctionnaires qui administrent le Kurdistan irakien.

Aujourd’hui en Irak, un front de plus de 1?000 km oppose les combattants kurdes aux combattants de l’Etat islamique. Un front situé dans la plaine de Mésopotamie, désespérément plate. Or, les Kurdes ne sont pas bons combattants en rase campagne. Ce sont des combattants de montagne. Tandis que les combattants de Daech eux, sont très bons en rase campagne?: ils utilisent des véhicules sur lesquels ils montent des mitrailleuses et des camions citernes qu’ils chargent de centaines de kilos de TNT et foncent sur les positions kurdes. Les Kurdes sont impuissants face à ce type d’attaques.

En août 2014, les combattants de Daech sont arrivés à 25-30 km Kader Hassand’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, où sont basés les consulats des Etats-Unis, de France, d’Angleterre, et d’une quinzaine de puissances, ainsi que la base des militaires américains conseillant les Kurdes. Si Daech avait pris Erbil, et s’était emparé des centaines d’Occidentaux qui y vivent, cela aurait été une catastrophe. L’avancée des troupes de Daech a été stoppée nette, car Obama a ordonné dans la nuit le bombardement des troupes de l’Etat islamique. Depuis, c’est plus ou moins le statu quo.

A Kobané, au Kurdistan de Syrie, la situation est différente. Les Kurdes de Syrie, du PKK[1] ou du PYD[2], sont vraiment des combattants kurdes tels qu’on les a connus autrefois. D’un courage et d’un dévouement exceptionnels, avec une participation très importante, il faut le souligner des femmes. Près de la moitié des combattants kurdes en Syrie et en Turquie alors qu’en Irak, très peu de femmes sont combattantes.

En Irak avec les pechmergas et en Syrie avec le Parti de l’Union Démocratique (PYD), les Kurdes se battront-ils au-delà des frontières de leurs zones contre Dacsh??

Quand Daech a déferlé sur tout le nord de l’Irak à l’été 2014, l’armée irakienne a fui sans livrer bataille à Sinjar, Mossoul, et Kirkouk. Les Kurdes qui depuis toujours rêvaient de prendre le contrôle de Kirkouk, se sont trouvés les maîtres de la ville. Je pense qu’ils ne rendront jamais Kirkouk aux Irakiens.

Mossoul, hors du Kurdistan irakien, est contrôlé depuis 2014 par Daech. Deuxième ville irakienne, base du nationalisme arabe en Irak, c’est une forteresse qui compte 2 millions d’habitants. Une offensive pour libérer Mossoul de Daech implique beaucoup de casse. Il n’est pas du tout évident que les?Kurdes soient candidats pour mener ce combat, car ils se battent pour défendre d’abord leurs familles, puis leur terre. Or, les Kurdes, jusqu’à maintenant, n’ont jamais revendiqué Mossoul. Ils combattront contre Daech, sur leur territoire, comme ils ont repris à Daech la ville de Sinjar en novembre 2015. Mais ailleurs que sur leur terre, je doute énormément que les Kurdes mènent le combat contre Daech.

Quels sont les buts de guerre des Kurdes?? Un grand Kurdistan souverain ou des entités kurdes autonomes au sein des Etats existants??

Idéalement, les Kurdes veulent l’indépendance de toutes les parties du Kurdistan dans un grand Kurdistan. En pratique, le PKK en Turquie, à l’origine, avait pour programme l’indépendance de tout le Kurdistan. Les autres Kurdes, iraniens et irakiens se battaient pour l’autonomie de leur partie du Kurdistan. Il y a eu un tournant lorsque le chef du PKK, Abdullah Ocalan a été capturé en 1999 et mis en prison en Turquie. Il a alors renoncé à l’indépendance.

Massoud Barzani, le président du gouvernement régional du Kurdistan en Irak, se prononce aujourd'hui pour le droit des Kurdes à l’autodétermination et à l’indépendance. Il veut organiser un référendum pour, dit-il, consulter l’opinion kurde sur ses désirs : les Kurdes veulent-ils l’indépendance?? La réponse est connue. En 2005, un référendum officieux a été organisé au Kurdistan irakien?: la réponse a été l’indépendance à 99%.

Quelle est la viabilité du Kurdistan irakien??

TalabaniIl y a encore trois ans, le Kurdistan irakien était présenté comme un nouveau Dubaï, un ilot de stabilité et de développement, une fenêtre ouverte sur le reste de l’Irak. On évoquait la perspective de produire un million de barils/jour à la fin de la décennie, peut-être même avant. Tout cela s’est écroulé aujourd’hui à cause de Daech et de la chute du cours du prix du pétrole. Le Kurdistan irakien se retrouve dans une situation économique catastrophique. Le gouvernement kurde irakien n’a pas payé ses Pechmergas depuis septembre 2015. Les Kurdes d’Europe qui étaient rentrés au pays, commencent à repartir. Les effets combinés de la guerre avec Daech et de la chute du prix du pétrole créent une situation économique désastreuse pour le Kurdistan irakien. La région est devenue dangereuse, avec des enlèvements et du racket.

Autre conséquence de l’offensive de Daech? : l’arrivée au Kurdistan irakien de un à deux millions de déplacés et de réfugiés, (on ignore le chiffre exact), notamment des Kurdes de Syrie, des Kurdes Yézidis , des Arabes sunnites et des Kurdes de Mossoul, des Arabes chrétiens. Plus d'un million de réfugiés dans un Kurdistan irakien qui compte 5 millions de Kurdes, cela fait 20% de la population. Comme si la France recevait 13 millions de migrants. Les réfugiés sont répartis dans des camps et des agglomérations partout à travers le Kurdistan irakien.

Quelle serait l’acceptabilité d’un éventuel Etat kurde en Irak??

Pour se faire accepter comme Etat, il faut avoir une population qui affirme son identité, disposer d’un territoire bien défini, dans des limites précises, bénéficier d’une situation économique qui permette d’affirmer son indépendance, d’un gouvernement et d’une armée. La population, les Kurdes irakiens l’ont : ils sont plus de 5 millions au Kurdistan irakien à rêver de l'indépendance. L’économie?repose sur d’importantes ressources en pétrole et en gaz, qui devraient leur permettre d'amasser un trésor de guerre, pour le cas où ils seraient victimes d’un boycott international. Les frontières sont connues, ce sont celles de la Syrie, la Turquie et l’Iran. Des frontières internationales qui délimitent le Kurdistan irakien à l'0uest, au Nord et à l'Est, avec au Sud la "ligne verte" qui séparait les Kurdes autonomes de l’armée irakienne. Une ligne tracée en 1991, lorsque les troupes irakiennes se sont retirées du Kurdistan. Les Kurdes ont un gouvernement, composé de représentants de tous les partis kurdes ainsi qu’un parlement élu tous les quatre ans. Ils disposent également d'un corps de diplomates qui représentent aujourd'hui la Région kurde à l'étranger, et pourraient demain devenir des ambassadeurs qualifiés. Ils disposent enfin d’une armée avec les Pechmergas. Le Kurdistan irakien dispose donc de tous les attributs d’un Etat?: une population, un territoire, un gouvernement, une économie et une armée.

Les Turcs, après y avoir longtemps été opposés, acceptent désormais l’existence d’un Kurdistan irakien autonome et peut-être un jour indépendant. A une époque pas très reculée, l’existence d’un gouvernement kurde représentait une ligne rouge pour Ankara, puis ce fut l’usage du mot Kurdistan. Mais en novembre 2013, Massoud Barzani est allé en visite officielle en Turquie?: le drapeau kurde l’a accueilli et le mot Kurdistan peut désormais y être employé. Une ouverture turque qui s’explique par les intérêts énergétiques d’Ankara?: les Turcs comptent en effet sur le pétrole et le gaz des Kurdes irakiens pour résoudre leurs problèmes énergétiques. Pour Erbil la relation avec Ankara est vitale, car c’est par la Turquie que les Kurdes exportent leur pétrole avec des norias de camions citernes et de nouveaux pipelines. Si la Turquie fermait sa frontière, ce serait l’étouffement de l’économie du Kurdistan irakien.

La Palestine a obtenu en 2012 le statut d’Etat observateur à l’ONU par 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions. Si les Nations unies devaient voter sur le Kurdistan irakien aujourd’hui, ce serait peut-être quatre ou cinq voix pour?: Irak, éventuellement, Turquie, Koweït, Israël et en Europe peut-être l’Autriche et la Hongrie. C’est tout. Et 140 voix contre. Les Kurdes ne doivent pas se lancer dans cette aventure sans réunir tous les atouts et tout d'abord rétablir leur situation économique.

Quelle est la situation pour les Kurdes de Syrie??

En Syrie, la situation est plus complexe?: les Kurdes ont une population restreinte, entre un et deux millions de Kurdes, donc un chiffre incertain, et leur territoire est constitué de trois poches?: la région de Kameshli, celle de Kobané et celle d’Afrin. Les Kurdes de Syrie se battent actuellement sous l’égide du PYD pour unir ces trois poches en un territoire unique appelé Rojava (le pays de l’Ouest), tandis que les Turcs font tout ce qu’ils peuvent pour les en empêcher comme en témoignent les récents bombardements turcs en Syrie. Contrairement au Kurdistan irakien, Ankara est absolument opposé aux revendications des Kurdes syriens - qui se battent sous l'égide du PYD, que les Turcs accusent d'être une filiale du PKK. Alliés de la Turquie au sein de l’OTAN, les Américains soutiennent militairement ces mêmes Kurdes syriens dans leur lutte contre Daech. Si le PYD a pu prendre Kobané en janvier 2015, c’est grâce aux bombardements de l’aviation américaine?sur les positions de Daech .

Quelles sont les perspectives du processus de paix avec le PKK en Turquie??

La guerre entre les Kurdes et les autorités d’Ankara a commencé en 1984. Depuis elle a connu des hauts et des bas. En 2009, le tournant a été les pourparlers secrets d'Oslo entre trois responsables kurdes du PKK et des responsables du MIT, les services de renseignement turcs. Ces pourparlers se sont prolongés pendant plusieurs mois. Parallèlement il y a eu des entretiens entre le MIT et le chef du parti kurde, le PKK, Abdullah Ocalan sur son île-prison d’Imrali. Ocalan a soumis au MIT et à son parti, une feuille de route pour la paix, qui demande?: la reconnaissance de l’identité kurde c’est-à-dire l’égalité entre l’identité kurde et l’identité turque, inscrite dans la constitution?; la légalisation du PKK?; et l’autonomie administrative au sein de la Turquie, sans toucher aux frontières. C’est un énorme renoncement que de se contenter de vivre à l’intérieur de la Turquie après avoir revendiqué l'indépendance.

Face à ces propositions, la position d’Ankara a été et demeure le refus total. Les Turcs n’ont rien donné. Les pourparlers se sont arrêtés car il y a eu des fuites.

Je ne vois pas aujourd’hui quel est le parti turc qui acceptera ces exigences, ni un homme politique turc qui puisse se comparer à De Gaulle avec l’Algérie. Les Kurdes de Turquie mènent dans les villes du Sud-Est de la Turquie, une politique d’affrontement, avec l’espoir d’arriver, comme en Syrie, à des régions autonomes de fait. Ces affrontements sont menés par de très jeunes membres du PKK. Des gamins prêts à tout. Il est difficile de déterminer si les Faucons de la liberté du Kurdistan (qui ont revendiqué l'attentat d'Ankara de février 2016) sont vraiment des dissidents du PKK, ou une carte manipulée par le PKK.

Mais en admettant que les Turcs acceptent le principe d'une autonomie, les Kurdes de Turquie seront confrontés à un problème quasi insoluble : comment définir les limites du Kurdistan, après 30 ans de guerre, de répression et de déplacements de population. Quand Istanbul est peut-être la plus grande ville kurde ?

Dans ce contexte où se situent les Kurdes d’Iran??

Au bas de l’échelle de la réalisation des espoirs des Kurdes. Les dirigeants islamiques Iraniens n’acceptent pas l’émergence d’un Kurdistan indépendant et font tout pour diviser les Kurdes.

Toutefois, en 2004, à la fin de la période libérale du président Khatami, j’ai pu constater sur place un éveil de la société civile kurde. Les jeunes intellectuels, les étudiants bouillonnaient. Le problème kurde en Iran est encore plus compliqué qu’en Syrie. Si en Syrie il y a trois poches de population kurde, au Kurdistan iranien c’est une peau de léopard, un territoire sans limite historique, comme en Turquie, avec?une population de 8 millions de Kurdes iraniens vivant dans des villes hétérogènes, fortement peuplées d’Azéris turcophones, comme à Ourmieh, Nagadeh, Miandoab, Salmas, Makou, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental. Si la province du Kurdistan, avec Mahabad et Sanandaj, est relativement homogène, les provinces de Kermanchah et Ilam sont peuplées d'une majorité de Kurdes chiites. Si par miracle, il arrivait au pouvoir à Téhéran un régime démocratique prêt à reconnaître l’autonomie du Kurdistan iranien, cela poserait de sérieux problèmes du fait de l’absence de limites précises du territoire et de l’hétérogénéité de la population.

Le parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) fondé en 1945 se battait au départ pour l’autonomie. Ses héritiers ont opté il y a une dizaine d’années pour le fédéralisme, inspirés par le succès des Kurdes en Irak. Ce qui permettrait d’envisager un jour une solution confédérale pour un grand Kurdistan.

Les Kurdes parviendront-ils à dépasser leurs divisions internes pour cesser d’être leur pire ennemi??

Dans les années 70, il existait peu de contacts entre les Kurdes des différents pays. Des tentatives de fédération ont été tentées dans les années 20. Aujourd’hui les contacts sont quotidiens, constants, permanents. Toutefois, Massoud Barzani a voulu organiser une convention avec les représentants de tous les partis kurdes et il n’y est pas encore arrivé…

La division des kurdes, c’est le drame des Kurdes. Ils s’affrontent facilement. En Iran, les partis kurdes historiques se sont divisés en deux ou trois branches rivales. En Irak, de 1994 à 1998, une guerre civile a opposé les partisans de l’UPK de Talabani à ceux du PDK, de Barzani, qui s’est soldée par des milliers de victimes. Ces affrontements ont laissé des traces dans les mentalités, encore aujourd’hui. Le Kurdistan irakien a été à un moment coupé en deux. Maintenant PDK et UPK sont réunis ensemble dans un même gouvernement, mais leurs services de sécurité sont toujours séparés, marque de leur défiance réciproque.

En 2009, un nouveau venu est apparu sur la scène politique kurde irakienne avec le parti Goran, le parti du changement de Nawshirwan Mustafa. Récemment des incidents se sont produits entre Kurdes dans la région de Souleimaniye. Le président du Parlement a été déclaré persona non grata à Erbil. Massoud Barzani, Président de la région kurde, est toujours président alors que son mandat a expiré il y a deux ans. Une situation qui a reçu l’accord de l’UPK, mais pas celui de Goran.

Aujourd’hui s’ils veulent réaliser ce rêve fou de l’indépendance, les Kurdes d’Irak doivent à tout prix préserver leur unité et cesser d’être leur pire ennemi ; mais aussi attendre que le cours du pétrole remonte et que l'hypothèque Daech soit levée.

(Propos recueilis par Sophie Jacquin, Défense, Revue de l'UNION-IEHDN, N° 180, Mai-Juin 2016)



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