CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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IRAK: Rencontre avec le Chérif Ali, futur Roi d'Irak

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Portrait de Yachar Kemal dans son jardin

Yachar Kemal

 

Rolf Steiner pendant son procès, 1971

Rolf Steiner

Dernière photo d'Abdoulla Ocalan libre, Rome, 3 janvier 1999

A.Ocalan

 

Jeune femme élève sous-officier en tenue camouflée

Saint-Maixent

Livre Noir

 

Mvt Kurde

Portrait de Cheril Ali sous un tableau du roi Fayçal d'IrakChérif Ali n’avait pas tout à fait deux ans (il est né le 4 septembre 1956) quand a éclaté la révolution de juillet 1958 qui a balayé la monarchie en Irak. Son père, le Chérif Hussain ben Ali, était un cousin germain du roi Fayçal II; sa mère, la princesse Badia, était la tante maternelle du roi. Ils ont échappé miraculeusement au massacre de la famille royale: ils vivaient en effet en dehors du palais royal; le matin de ce 14 juillet sanglant, le père du prince Ali eut une dernière conversation téléphonique avec le jeune roi, qui lui assura que des troupes s’étaient mutinées, mais qu’il contrôlait la situation. Informé quelques heures plus tard par des gardes du Palais du sort du roi, qui avait été massacré avec sa tante, son oncle le régentAbdoulilla et sa grand mère, le père du Chérif Ali se réfugia avec sa femme et ses trois fils à l’ambassade d’Arabie Saoudite, où ils vécurent trois semaines. Munis de saufs-conduits que leur avait obtenus le roi Saoud d’Arabie Saoudite, ils purent sortir d’Irak et gagner l’Egypte puis le Liban, où ils vécurent une dizaine d’années. Le plus jeune des trois fils, le prince Ali commença ses études à Beyrouth, puis il alla à l’université d’Essex, en Angleterre, où il obtint un master d’économie du développement.

Un musée de la monarchie hachémite

Cherif Ali et la princesse LinaTravaillant comme consultant dans une société d’investissements, il épousa en 1986 Lina, fille d’un grand commerçant chiite de Karbala (l’un des grands sanctuaireschiites du sud de l’Irak) dont il a eu trois filles et un garçon, le jeune prince Fayçal.  Aujourd’hui le prince Ali vit à Londres, dans le quartier très résidentiel de Holland Park, dans un appartement qui est un véritable musée de la monarchie hachémite, plein de tableaux et de photos des rois d’Irak et des “chérifs” de la Mecque: et il consacre tout son temps au mouvement monarchique qu’il dirige depuis le début des années 1990 et à l’opposition irakienne, regroupée au sein du “Conseil National Irakien (CNI)”.

Une monarchie modernisée

Cherif Ali (à G) avec Ahmed ChalabiS’exprimant dans un parfait anglais (sa femme, la princesse Lina, parle aussi parfaitement le Français) le prince Ali a un peu l’air d’un dandy des années 30. Grand, mince, les cheveux plaqués en arrière, très courtois et souriant, très doux, il est, physiquement et moralement, à des milliers de lieues des sicaires qui gouvernent aujourd’hui l’Irak. D’emblée, il se pose en monarque constitutionnel.

Quand on fait remarquer au prince Ali qu’une éventuelle restauration de la monarchie en Irak va à contre-courant de la tendance du monde moderne, le prince Ali souligne qu’il n’y a pas eu dans le monde arabe de coup d’état contre la monarchie depuis 1969 (chute de la monarchie libyenne), “et sans prétendre que la monarchie est en soi meilleure que la république, en Irak, elle constituerait un “parapluie” qui recouvrirait tous les éléments de la société irakienne”. “Pour nous, il est évident que l’éventualité d’une restauration de la monarchie est très populaire au sein de la population irakienne”, affirme le prince Ali, “mais nous voulons que la population se prononce par un referendum direct et libre sur la nature du régime qui remplacera celui de Saddam Hussain”.  “La monarchie serait garante de la constitution”,  ajoute-t-il, “elle assurerait une stabilité reposant sur l’interaction de tous les éléments de la société irakienne, de la gauche et de la droite, des nationalistes et des islamistes, en permettant à tous ces courants de jouer leur rôle”.

La monarchie que le prince Ali veut restaurer en Irak devrait être une monarchie  “modernisée pour la faire entrer dans le XXIe siècle: elle empêcherait les politiciens d’abuser de leurs prérogatives et les officiers de l’armée d’être entraînés dans le jeu politique; elle circonscrirait la compétition politique à la société civile, et empêcherait la violence de régner”.

Affirmant avoir de “larges contacts” avec la population en Irak, le prince Ali prétend que “80 à 90 pour cent des gens qui nous ont contactés sont pour le retour de la monarchie... Ils disent que la période de la monarchie est la meilleure que l’Irak ait connue”. Mais le prince Ali reconnaît à demi-mot qu’il bénéficie de peu de soutiens dans le monde arabe -- même parmi les rois et les émirs du Golfe: “Ils ne veulent pas dire quelle sorte de gouvernement serait la meilleure pour les Irakiens: ils déclarent qu’il appartient au peuple irakien de décider quel régime ils veulent”... Le prince Ali n’a pas été invité par la famille royale koweitienne -- qui affiche pourtant franchement son hostilité au régime de Saddam Hussain -- et n’a pas de contacts avec elle. Quant à ses cousins d’Amman, il a “de bonnes relations avec eux sur le plan personnel, au niveau familial, mais nous comprenons que la Jordanie a pour voisin l’Irak, et qu’elle doit préserver ses intérêts”...

Ne cachant pas sa satisfaction de voir le président George W. Bush succéder à Clinton, le prince Ali affirme que “la nouvelle administration est très sérieuse: elle veut nous aider à changer le régime. Le progrès est immense par rapport à l’administration Clinton”. Comment l’opposition irakienne renversera-t-elle le régime de Saddam Hussain? “Cela sera fait de l’intérieur”, affirme le prince Ali; “ar un coup d’état militaire, ou par un soulèvement populaire, seul le temps le dira”. Mais l’opposition regroupée au sein du CNI va envoyer à l’intérieur de l’Irak des équipes clandestines chargées de recueillir des informations sur les armes de destruction massive, sur les violations des droits de l’homme, et sur les mouvements de l’armée irakienne.

 Équipés d’ordinateurs et de téléphones satellites, ces commandos pourront transmettre leurs informations à l’extérieur. Cette opération très clandestine est financée par le Département d’Etat américain. “Si Saddam Hussain meurt d’une crise cardiaque, si un soulèvement populaire massif a lieu”, dit le prince Ali, “il faut que nous puissions diffuser la nouvelle avant qu’il soit écrasé”.

Que fera Saddam Hussain en cas de soulèvement généralisé? Le prince Ali ne croit pas que le dictateur “se battra jusqu’à sa dernière cartouche”: “c’est un froussard caractéristique -- terriblement cruel avec les gens qui ont peur de lui, mais un froussard; si la situation échappe à son contrôle, il essaiera de se sauver. Un homme courageux n’a pas peur de la mort, mais Saddam en a très peur”...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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