CHRIS KUTSCHERA 40 ANS DE REPORTAGE (Textes et Photos)

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Algérie: Itinéraire d'un militant islamique, du communisme à l'islam

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Prière du vendredi dans une mosquée "sauvage" dans la banlieue d'AlgerDu communisme à l'islam: entretien avec un militant islamique

Appelons-le...Farid. Il est né au début des années 50 à Constantine. Farid a commencé son itinéraire politique comme militant communiste, et comme propagandiste de la révolution agraire. Ecoutons-le: "En 1972-73 c'était la grande épopée de la Révolution agraire, nous avions beaucoup d'enthousiasme, on était prêt à remuer des montagnes pour la Révolution agraire. On disait: "Les Bourgeois au mur"! Il y avait parmi nous toutes les tendances, du rose au rouge rouge, et dans le rouge il y avait une grand gamme... Il y avait le problème des étudiants qui venaient nous rejoindre parce qu'on touchait des primes, parce que c'était des vacances, etc. Nous on ne voulait pas de suivistes. Moi, personnellement, ça me gênait, parce qu'on était au contact des fellahs, on les choquait, avec les filles; ils écoutaient poliment, mais ils savaient que notre vie était tracée... Tout étudiant, à cette époque, est rentré dans cela... Le président (Boumediène) parlait aux étudiants, on croyait à ce que disait le président, on croyait qu'on pouvait tout chambouler, on suivait le canal...

Foule bigarrée dans la rue

Et puis arrive la crise...

Et puis, poursuit Farid, arrive la crise: "J'ai fait un passage à vide, c'est à l'armée. Pendant le service national, j'ai commencé à réfléchir. J'ai vu l'utopie du communisme; avant, j'y croyais vraiment... Le soldat est toujours occupé, mais l'officier, en caserne, une fois qu'il a donné les ordres, son problème c'est: "comment tuer le temps"?.. J'avais deux ans devant moi. Je me suis posé beaucoup de questions sur le communisme. "La religion est l'opium du peuple", affirme-t-il. "J'ai beaucoup réfléchi: c'était vrai à une époque où l'église était puissante, mais à notre siècle la religion n'est plus ce qu'elle était. A une époque, c'est vrai, le prolétaire était plus envoûté".

Vue de la Casbah, AlgerJe me suis interrogé sur la finalité du communisme. Sur l'islam. Au fond de nous-même, Dieu existe toujours. On le rejette, mais il est toujours là... Il y a le rôle du subconscient. Et le rôle ddu milieu naturel dans lequel je suis né... Au fil des années, l'enthousiasme diminue, cède la place à la réflexion. On se trouve dans un autre monde, la caserne... Je me suis dit que le communisme était une utopie... Et puis j'ai eu peur. Moi, j'étais un communiste sentimental. J'avais un copain officier; la façon dont il pouvait aller très loin, contre la liberté, disant que la "minorité" est un vain mot pour la cause communiste... qu'on n'avait pas besoin d'un type comme moi...

Le RIDEAU est tombé. Le rouleau que je suivais s'est arrêté. Pourquoi le retour à l'Islam? Il faut, dit Farid, se raccrocher à une idée. Un intellectuel ne peut pas vivre sans idées. Moi je me suis demandé si je croyais en Dieu. Dans l'islam, je retrouvais certains attraits de ma culture. J'ai traversé une période difficile. Je croyais en Dieu, au Prophète. Mais je n'étais pas à l'aise, c'était déchirant. Encore plus avec un entourage qui se faisait une certaine idée de moi, pour qui j'étais un progressiste. Je ne pouvais plus supporter ce dilemme. Ou je renie Dieu et je réintègre le communisme... J'ai commencé à fréquenter la mosquée. Là, j'ai eu la Révélation. J'ai commencé à découvrir l'Islam. Mais je n'avais plus l'entousiasme de 1970, il ne s'agissait plus de foncer tête baissée. Les leaders intégristes, pour détruire le communisme, recrutent des gens qui ont une notion du communisme. Le communisme? Heureusement que je ne le suis plus, j'ai été égaré. On ne peut pas le vaincre de façon frontale, il faut agir de manière subtile, créer un doute.

Dernière question à Farid: Lui, ancien communiste, accorderait-il le droit de cité aux communistes dans un régime islamique? Réponse: "ce serait hypocrite... C'est un Kafir, quelqu'un qui ne croit pas en Dieu. Il n'y a plus de père ni de frère... Je peux avoir de la tolérance pour un chrétien, mais s'il y a "scission", nous serions face à face, avec les communistes, nous serions face à face: le Coran a tout aboli".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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